Pour tout te dire – Gilly Macmillan

Et voici le tout dernier Gilly Macmillan, sorti en juin dernier, que j’ai lu cette nuit. J’avais juste terminé son tout premier « Ne pars pas sans moi » il y a 3 jours.

En 1991, dans un quartier de classe moyenne de Bristol, Angleterre. Lucy, une petite fille de neuf ans à l’imagination fertile, décide de filer dans les bois derrière chez elle : elle veut voir cette fameuse fête nocturne du Solstice d’été, dont les gens parlent comme une « fête de païens ». Son amie imaginaire, Eliza, à laquelle elle parle parfois tout haut sans s’en rendre compte, lui donne du courage. Mais son petit frère Teddy, quatre ans, se réveille et veut accompagner sa soeur. En désespoir de cause, elle accepte. Ils ne font pas de bruit en sortant, il fait nuit, les parents dorment .Lucy fait passer son petit frère par-dessus le muret, et ils se dirigent vers l’immense feu de joie, et la musique, là bas dans la clairière aux abords du bois. Se cachant dans un bosquet, elle profite de la fête, des feux d’artifice. Mais le petit voulant rentrer, s’endormant, elle décide de le laisser dormir dans « sa cachette », en fait un bunker aménagé dont elle a trouvé l’entrée un jour avec Eliza. À la fin de la fête, Lucy va chercher son frère, mais il n’est plus là. Il reste juste la couverture. Elle rentre à la maison à toutes jambes, il est plus d’une heure du matin, et là, toute la maison est éclairée, elle sonne chez elle, sa mère ouvre, soulagée mais soudain dit « Où est Teddy » ? Lucy ne peut pas parler de sa cachette, Eliza serait trop en colère. Alors elle dit qu’elle ne sait pas, il a juste disparu. On ne le retrouvera jamais.


Vingt ans plus tard, Lucy est devenue une romancière à succès. Elle écrit des thrillers, dont l’héroïne est une inspectrice de police qui s’appelle Eliza Green. Oui, Eliza, comme son amie imaginaire. Lucy est mariée à Dan, qui écrit lui aussi mais n’arrive pas à se faire publier. Alors il s’occupe de tout pour sa femme : la logistique, les papiers, les finances, les courses, la cuisine. Et Lucy vient enfin de terminer son livre, son cinquième. Elle est un peu inquiète, avant d’envoyer ses 350 pages à son agent, Max. Et son inquiétude s’aggrave, car elle n’a aucun retour de Max, qui normalement dans la seconde qui suit, l’appelle, super excité, qu’il est déjà en train de le lire, qu’il adore !

Il faut dire que tout le monde, lecteurs, éditeurs, conseils de lecture adorent l’héroïne, Eliza Green. Il y a des blogs qui lui vouent un vrai culte. Lucy n’en n’a parlé à personne, mais elle fait mourir son héroïne dès le début de ce livre. En fait, elle en a marre d’Éliza, parce qu’à force, elle la voit partout. Alors elle n’a dit à personne que c’est un roman SANS Eliza. En attendant la réaction de son éditeur, elle se précipite vers son mari, pour lui dire que « Ça y est », elle a fini le roman. Elle ne dit rien à propos d’Eliza.
Quant à Dan, il semble déjà compter l’argent qui va en sortir, et annonce à Lucy qu’il a trouvé une maison. Une très grande maison. Dans le quartier où elle vivait, enfant. Un manoir, nécessitant beaucoup de travaux. Il s’avère qu’il l’a même acheté. Avec son argent à elle, sans lui demander même son avis, réalise Lucy.
La romancière est effondrée, mais elle essaie de faire bonne figure. Elle qui adorait leur petit appartement du centre de Bristol, l’animation de la ville, même en location, elle n’aurait jamais imaginé le quitter. Mais voilà, Dan semble si heureux. Il l’emmêne visiter la maison, qui a d’immenses fenêtres donnant sur le bois et la clairière. Elle est paniquée des souvenirs de ce quartier. Sans parler du délabrement de cette maison. Sans parler du coût des travaux. Et de la maison. Achetée avec son propre argent alors qu’elle hait cet endroit. Et l’annonce de son éditeur : « Nous ne publierons pas ce roman, nous allions te payer pour un « Eliza Green », les lecteurs l’attendent. Pas de publication, pas d’argent.

Lucy est perdue, son mari est de plus en plus distant, et il semble clair qu’il a une liaison avec une certaine Sasha, qui vit dans la luxueuse maison d’à côté, avec son mari James.
Tout le livre est raconté par Lucy. Sauf quelques pages en italique, insérées dans le roman. On voit Eliza comme Lucy la voit, on voit l’inadaptation de Lucy à ce lieu, cette maison qui lui fait peur, cette bande de snobs qui semblent la mépriser, même s’ils ne savent rien de son passé. Seul Dan et la police savent.

Lucy se met à voir Eliza partout, elles se parlent, Eliza est plutôt la protectrice de Lucy. Elle peut prendre la parole lorsque Lucy n’est pas bien.. Lorsque Dan disparait, Lucy se met à douter d’Eliza. Aurait-elle fait du mal à Dan ? Alors là comme le roman est prenant on se perd en conjectures : Eliza est elle vraiment imaginaire ? S’agit-il d’un dédoublement de personnalité?

ALERTE SPOIL

Et lorsque Dan est retrouvé mort, que Lucy essaie de trouver des réponses sur qui aurait voulu du mal à son mari, elle découvre dans les papiers, bien cachés, des documents montrant que Dan écrit un livre sur la disparition du petit Teddy. Sur les bunkers de la deuxième guerre mondiale. Elle est choquée, mais lorsque le meurtre de son mari est élucidé, c’est un gang de cambrioleurs sur lequel il est tombé par hasard qui l’a tué, Lucy reprend goût à la vie et accepte d’écrire deux autres tome des enquêtes d’Eliza Green. Fin.

FIN DE L’ALERTE SPOIL

QUOIIIII ???? Fin ? Hé oui, figurez-vous. On n’aura aucune réponse sur rien. Du tout. J’ai vérifié, il ne s’agit pas là d’un début de saga. Ça s’arrête, point barre. Alors, ce débarquement abrupt de la fin de l’histoire, et le fait que les personnages soient tous si froids, qu’on n’arrive pas du tout à aimer la narratrice Lucy, je me dis qu’on a un gros souci. Pour une fois que le titre était la traduction du titre anglais « To Tell You The Truth », (Pour vous dire la vérité) sans trop de mièvrerie (un peu quand même) !! Les personnages secondaires n’ont aucune épaisseur, on semble nager dans une brume glacée tout le long du roman. Ce n’est pas une lecture totalement négative pour moi, le suspense est là, l’angoisse est pesante, jusqu’aux dix dernières pages. Le style est bien, comme les autres de Gilly Macmillan, mais je suis restée ébahie. On dirait qu’il manque 100 pages. Ou que l’auteure a « expédié » la fin de son roman parce qu’elle avait un truc à faire. Je suis sidérée.

Pour tout te dire – Gilly Macmillan, ed Les Escales Noires, Juin 2021, 356 pages, 21,50€ Traduction de Isabelle Maillet

10 commentaires

    • C’est fort dommage pour ce livre. Espérons juste qu’elle ait prévu une suite. Mais je ne pense pas que je la lirai : les personnages sont trop embrumés.
      Par contre j’ai acheté encore des thrillers, dont deux autres d’elle. Parce que j’ai bien aimé ceux que j’ai lu, et son style est agréable

      Aimé par 1 personne

Répondre à Mademoiselle Maeve Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s