Ne pars pas sans moi – Gilly Macmillan

Envie de thrillers faciles, et distrayants entre deux lectures de La Rentrée Littéraire Automne, alors j’ai acheté le premier de Gilly Macmillan, de laquelle j’ai lu plusieurs livres dont « La Nanny » il y a pile un an. Bon. C’est ce que j’appelle « un thriller avec titre à la c** ». Ou encore, « un titre Harlan Coben » . (Ne t’enfuis plus, Ne le dis à personne, Sans un mot, Promets-moi, , Je t’attendrai, Reviens-moi, Tu me manques, et autres foutaises qui font qu’on ne sait plus si on l’a lu ou pas). Il est sorti en Angleterre avec le titre Burnt Paper Sky qui veut dire en gros « Ciel couleur papier brûlé », et ça se réfère à plusieurs choses dans le thriller. Je suis allée voir sur le forum anglais « Goodread », sorte de Babelio anglais. J’y ai appris que pour la publication aux USA ils avaient AUSSI changé le titre en « What she knew » (ce qu’elle savait) ce qui spoile un max, heureusement il y a des tas de personnages féminins, pour les suspects. Ça m’agaaaace ! Pourquoi ? Qui prend la décision de changer le titre du bouquin, au lieu de le traduire ?? C’est pour attirer la fameuse ménagère de moins de 50 ans ? Ça m’outre. Ça me scandalise. Prennent-ils les lecteurs pour des imbéciles ?? Nanmého.

Sinon, c’est un bon thriller « psychologique » avec un policier dépressif et une mère désespérée : Rachel. Divorcée depuis un an, elle a passé du temps à se remettre du départ de son mari avec une autre femme. Depuis quelques mois, elle se force à vivre pour son fils Ben, huit ans. Régulièrement, elle l’emmène se promener dans le bois de la ville de Bristol (UK), un petit bois connu des promeneurs et des joggeurs, et aussi des jeunes.
Ce dimanche-là, c’est la fin Octobre, il fait assez froid, mais c’est vivifiant. Ben s’amuse à lancer des bâtons à son chien, cadeau de son père John le jour où il a annoncé qu’il partait. Une sorte de consolation. À un moment, comme il connaît bien l’itinéraire de la promenade, il demande à sa mère s’il peut courir un peu en avant. Et pour une fois, Rachel accepte.
Au bout du chemin, Ben n’est pas là. Il a disparu. Le ciel s’est assombri, la nuit va tomber, et Rachel cherche partout, et elle ne retrouve que le chien, qui vient vers elle avec visiblement une patte cassée.

La police ratisse les lieux, l’enfant est introuvable.

Le roman alterne les chapitres sur Rachel, et ceux de Jim, le policier chargé de l’enquête, qui a pour la première fois l’occasion de faire ses preuves. Et presque immédiatement, dès que l’alerte est lancée dans les médias, les commentaires en ligne, les blogs, les tweets, facebook, tout le monde se met à accuser la mère. Elle était seule avec l’enfant. C’est forcément elle.

Aidée de sa soeur ainée Nicky, qui s’installe chez elle, Rachel passe son temps entre interrogatoires, sidération, larmes, angoisse. Elle ne dort plus, pendant que la police cherche. Qui pourrait avoir enlevé ce petit garçon plein d’énergie ? Entre les gens de l’école, les profs de sport, les délinquants sexuels, les jeunes défoncés, le groupe de jeu de rôles qui était là, le père, la nouvelle femme du père, les amis de la famille, Rachel ne sait pas ce qui se passe, et sa soeur Nicky passe son temps sur l’ordinateur, à chercher des éléments sur ce que fait la police, sur les pourcentages de réussites pour les disparitions de ce genre, et empêche sa soeur de regarder ses notes.

En jouant sur la pire chose qui puisse arriver à une mère, à des parents, Gilly Macmillan s’est documentée sur tout ce qu’elle pouvait trouver de sérieux sur les disparitions d’enfants. D’ailleurs elle cite ses sources à la fin, des sites d’aide pour les parents qui affrontent pareil drame. ( Sites anglais, canadiens et américains).

À coups de rebondissements, de soupçons qu’on a, en rapport avec chaque personne gravitant autour de Rachel, on veut savoir, parce que c’est prenant, et on veut absolument continuer à tourner les pages. C’est très « addictif », angoissant, parfois tendre, les relations entre ex-conjoints, les copines, les policiers, tout y est. Ce n’est pas un thriller sanglant, mais c’est un suspense avec retournements de situation très bien mené. On ne peut pas le lâcher. Même avec une migraine (une migraine un peu atténuée quand même).

Ne pars pas san moi – Gilly Macmillan, ed Les Escales 2016, Pocket 2018, 600 pages (qu’on ne voit pas passer)

7 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s