Retrouve-moi si tu peux – S.K. Barnett

Voici la suite de mon exploration dans les thrillers avec titres à la c…pardon, à la Harlan Coben. Je suis hors de moi rien que d’y penser. Le titre d’origine est : « SAFE », en anglais (USA). Le titre pour le Canada Francophone est : « Saine et sauve », ce qui est la parfaite vraie traduction du titre originel. Et là, la sensation ultime : c’est bien les Français qui sont pris par des idiots par les éditeurs. Et le phénomène est étendu : l’autre jour c’était Les Escales, ici c’est Hauteville (alias Bragelonne). Je crois que le QI des lecteurs français mérite mieux. Et surtout il ne mérite pas d’être spoilé par une phrase sur la couverture… déjà que j’évite le dos du livre, là c’est fichu.

C’est dommage, car pour moi le bouquin part avec ce handicap, qui me fait douter de sa qualité dès que je l’ai sous les yeux. Pourtant, bonne surprise : dès le prologue, le style de l’auteur (pseudonyme d’un « auteur à succès ».. en fait pas tant que ça) est très facile d’accès pour nous faire rentrer dans l’histoire, il use d’un langage courant, voire familier, pour décrire la recherche d’une petite fille de six ans, disparue alors qu’elle allait jouer chez une amie juste deux maisons plus loin, ici à Long Island. En Juillet 2007. C’est un quartier pourtant tranquille, un voisinage aimable et amical. Les affichettes sont collées partout, toute la communauté s’y met. Les parents éplorés, Laurie et Jake, et Ben, huit ans, le grand frère de la petite Jenny, sont dévastés. Le temps passe, les affichettes sont peu à peu recouvertes par d’autres affiches, ou sont tombées. Une seule subsiste, décolorée, sur un poteau électrique dans le quartier de la famille Kristal qui n’a pas bougé, comme souvent ces parents restent au même endroit, pour que leur enfant « retrouvent la maison » si par miracle c’était possible. Pendant des décennies, parfois.


Devant l’affichette décolorée, une jeune fille s’est arrêtée. « Je reviens. Je reviens à la maison ». Et, prise de malaise, elle s’écroule. Des passants s’arrêtent et la jeune fille demande la police. Elle veut voir la police. Elle est Jennifer Kristal, enlevée en 2007, et elle a dix-huit ans, elle vit dans les rues depuis deux ans. Depuis qu’elle a réussi à s’échapper de chez ce couple pervers et à la fois très religieux, qui lui a fait vivre des horreurs. Les inspecteurs veulent tout savoir, depuis le début, comment elle a été enlevée, de quoi elle se souvient, lui posent des questions sur sa « vraie » famille, ses souvenirs d’avant. Il n’y a aucun doute, les souvenirs sont précis et clairs.
Les parents sont prévenus, après des heures d’interrogatoire de la jeune fille : on ne sait jamais. Ne pas faire de fausse joie. Et ce sont les retrouvailles, pleines d’émotions, des deux côtés, toutes les émotions……et comme les nouvelles vont vite, les journalistes, les télés envahissent le quartier. Jenny et sa famille doivent maintenant essayer de retisser les liens, ce n’est pas évident de se retrouver face à une adulte alors qu’ils gardaient des souvenirs d’une petite fille de six ans. Et pour Jenny, se faire aux nouveaux traits des parents, et au fait que sa chambre ait été transformée en bureau-salle de jeux vidéo pour son frère Ben.

Ben, qui, justement, semble douter. Il fuit beaucoup chez des amis, évite sa soeur. On dit qu’il faut du temps, disent les policier, les services d’aide aux victimes, la famille. Jennifer se souvient de tout sur les albums photo, des anecdotes. Elle se raccrochait à tout celà, pendant les dix ans de sa captivité, chez ceux qui se faisaient appeler « Père » et « Mère », des détraqués. Jenny a donné tous les indices possibles pour qu’on les retrouve, mais étant enfermée constamment, et ces gens étant nomades, souvent squatters, c’est difficile pour la police qui enquête. Mais Ben lui fait bien comprendre qu’il ne la croit pas. « Tu n’es pas Jenny ». « Qui es-tu? »… Et le lecteur se met à douter, aussi. Des retournements de situation, des choses troublantes… et si ce n’était pas Jenny ?

Un thriller qui m’a attrapée et pas relâchée avant la fin, cette nuit. Il est bien construit, et ça va à toute allure. C’est crédible, et angoissant. Ne boudez pas votre plaisir, c’est vraiment très bon!

Retrouve-moi si tu peux – S.K. Barnett, ed Hauteville (Bragelonne), février 2021, 350 pages

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