Les meilleurs amis du monde – Gilly Macmillan

En attendant l’arrivée d’une dizaine de thrillers en poche d’auteurs que je n’ai jamais lus encore, et d’autres avec « titres à la… », il me restait deux Gilly Macmillan non lus. Et comme en définitive je l’aime bien, cette auteure, et que j’ai une sorte de manie ces jours-ci pour les thrillers dits « domestiques » (qui se passent dans le foyer, la famille, voire la communauté proche), je m’y sens bien, avec Gilly Macmillan. Pas de sang, pas de meurtres horribles, ce n’est pas son genre. Son genre à elle ce sont les secrets, les relations entre membres d’une même famille, ou dans un couple, les renversements de situation qui ne préviennent pas, des côtés sombres, un suspense à vous tenir éveillé pour arriver à la fin. Elle excelle dans le côté analyse psychologique des gens. Ce qui nous fait nous attacher à ses personnages, même aux plus secondaires. Elle a aussi pour elle sa ville de Bristol, avec ses différents quartiers, son histoire presque millénaire, et avec tout le brassage ethnique qui fait de cette ville un lieu d’arrivée de réfugiés depuis plusieurs siècles….. Ce qui fait que chacun de ses thrillers peut y être situé.. et on s’y installe, on découvre, roman après roman. Et là j’en reviens à ce livre « Les meilleurs amis du monde ». Dont le titre était : « Odd child out » (grr.. mais bon, cette fois le titre français n’est pas trop idiot, et c’était en fait intraduisible dans le sens où il s’agit de deux ados).

Ed Sadler, photographe spécialisé dans les pays d’Afrique soumis aux guerres civiles, aux exactions de milices, forçant d’autres pays à accueillir les réfugiés dans d’immenses camps où tout manque, organise sa première exposition dans sa ville de Bristol. Dans une galerie où ses photos sont mises en valeur, un monde fou se presse, coupes à la main, petits fours, un brouhaha joyeux de gens de tous milieux, mais en majorité journalistes et reporters, et amis de la famille Sadler. Pourtant Ed et sa femme Fiona sont effondrés : l’oncologue de leur fils Noah, 15 ans, vient de leur donner la pire nouvelle qu’ils pouvaient apprendre. Ed garde le sourire, il y a, dans la foule, son fils et son meilleur ami Abdi qui passent avec les plats de petits fours.

L’amitié entre les deux garçons date de l’entrée au collège : Abdi, enfant d’une famille somalienne réfugiée à Bristol depuis des années, a obtenu une bourse pour entrer dans ce collège prestigieux, et lui et Noah sont tous deux tête de classe, ils s’aident, travaillent ensemble, et font toutes les activités périscolaires ensemble.
Plus tard, le soir, on retrouve les deux garçons, dans la nuit, entrant dans une casse automobile en courant, en passant par dessus la grille, ils courent jusqu’à être stoppés par le bord en béton du quai de la rivière. On y voit à peine. Mais l’un des deux tombe brutalement à l’eau. Un témoin ayant vu la scène de loin appelle la police.

Au même moment, le détective Jim Clemo, que l’on avait découvert dans « Ne pars pas sans moi« , en thérapie après avoir craqué sur l’enquête précédente, finit sa dernière séance avec sa psy, et est réintégré dans ses fonctions. Et immédiatement mis à la direction de cette affaire. Un des enfants est à l’hôpital général, l’autre est à l’hôpital privé pour enfants. L’un est dans le coma. L’autre ne parle pas. Il est en état de choc.

On va connaître la famille Mahad et son histoire. Les passeurs, la naissance d’Abdi dans le désert, aux portes d’un camion bondé, les passeurs impatients. La grande soeur Sofia, étudiante brillante, le père chauffeur de taxi, la mère qui aide d’autres réfugiés de tous pays dans un centre d’accueil… et leurs relations avec la famille Sadler, dont la situation sociale et financière est à l’opposé de la leur. Et quelle est la relation entre cet accident et certaines des photos de l’exposition prises dans un camp en Somalie ?

Les deux familles que tout sépare sauf l’amitié entre leurs fils sont soumises à un mystère insoluble. Que faisaient leurs fils, ados parfaits, dans cette casse, et que s’est-il passé ? L’un dans le coma, l’autre en état de choc, la police est contrainte de s’immiscer dans la vie privée et les secrets de deux communautés.

J’ai beaucoup aimé, juste un mini bémol lorsque j’ai deviné un des multiples secrets très vite, à propos du père d’Abdi. Mais c’est prenant, « haletant » comme on dit, et je recommande aux amateurs de thrillers anglais qui font pourtant chaud au coeur.


Les meilleurs amis du monde – Gilly Macmillan, ed Les Escales 2017, ed Pocket 3019, 422 pages (qu’on ne voit pas passer) traduction de Françoise Smith.

12 commentaires

  1. Coucou Mélie ❤️
    Histoire est vraiment accrocheuse , je ne connaissais pas l’auteur je viens de la découvrir. L’intrigue me titille sur ce que les deux garçons faisait dans cet endroit , c’est vraiment le genre d’histoire à nous laisser imaginer milles et un scénario. Merci beaucoup j’aimerais bien le lire

    Aimé par 1 personne

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