La belle-mère – Sally Hepworth

Il faisait vraiment trop chaud cette nuit. Trop chaud pour dormir. Après avoir écrit, publié, édité, et re re re corrigé des détails de ma chronique d’hier, ne pouvant dormir, j’ai lu d’un seul trait le livre/suspense/suspense psychologique/thriller « La belle-mère » de Sally Hepworth, que j’ai acheté après avoir vu la chronique du blog Light & Smell. Et je remercie cette copinaute parce que c’est une excellente et prenante découverte.
Comme c’est un thriller, je ne vais pas en raconter trop sur l’intrigue, parce que ce serait vous gâcher le plaisir.
C’est justement le signe le plus visible, si j’ose dire, d’un bon thriller : il vous accroche dès la première page, et on tourne les pages et au fur et à mesure tout se déplie. En couches plus éclairantes sur l’histoire, mais aussi y rajoutant des sujets de réflexions ou de soupçons dans tous les sens. Tout en étant simple. Je me fais comprendre ? Bon, de toutes manières c’est fait exprès.

Surtout, si vous l’achetez, l’empruntez, que sais-je (il vient de sortir en poche) ne lisez pas la 4e de couverture ! (Que je lis généralement lorsque j’ai terminé le livre) Celle-ci vous spoile un max, et en plus comporte une telle erreur que je suis sûre que la personne qui l’a écrite n’a pas lu le roman. Bref.

Nous sommes en Australie. Dans une petite maison de banlieue, un jeune couple, Lucy et Ollie, et leurs trois enfants de 6, 4 et 2 ans, le repas du soir est en cours de préparation : barbecue surveillé par Ollie, Lucy plie des quantités de linge sur la table de la salle de séjour. D’un coup, par la fenêtre, dans la nuit tombée tôt, Lucy voit arriver une voiture de police dans leur allée, et l’angoisse l’étreint. Mais elle garde son calme, respire, sent la mauvaise nouvelle arriver, essaie de se rassurer : son mari est là, il est à la maison, en sécurité. Archie, Harriett et la petite Edie sont, certes rivés à la télé ou sur leur ipad, mais bien là en bonne santé. En sécurité. Alors ? Qui ? Non, s’il vous plait pas mon père ! Ou Nettie, la soeur d’Ollie ? Elle a des soucis de santé mais quand même.. et lorsque les policiers avancent jusqu’à leur porche, on sent bien que Lucy est sur ses gardes. Une sorte de peur, d’angoisse, de culpabilité ? On ne sait pas trop.

Lorsqu’on sonne, elle n’y va pas. Elle laisse Ollie aller ouvrir aux policiers. Qui rentrent, et, lorsque les enfants sont sortis de la pièce, ils expliquent : c’est Diana, la mère d’Ollie. La belle-mère de Lucy. Elle a été retrouvée morte chez elle, avec une boite de médicaments à côté d’elle. C’est visiblement un suicide. D’ailleurs une lettre a été retrouvée, dans le tiroir de son bureau. Mais certaines choses ne « collant pas », ils vont enquêter d’abord dans le sens d’un homicide. Donc ils n’en sauront pas plus, ils seront convoqués au commissariat.

Lucy et Ollie, livides, se disent qu’il faut appeler Nettie et son mari Patrick, et leur annoncer. Et ils disent qu’ils arrivent. Les deux policiers étant toujours là, Patrick et Nettie s’installent à table, et il semble y avoir un contentieux entre les deux belles-soeurs. Elles ne se parlent plus depuis des mois. Lorsque la police demande pourquoi Diana aurait pu vouloir se suicider, les deux couples parlent de l’annonce récente que Diana leur avait faite : elle était atteinte d’un cancer du sein. Et lorsque la police demande qui avait des problèmes avec Diana, tous les regards se posent sur Lucy…..


Ce chapitre est titré « Lucy, Aujourd’hui ». Le chapitre suivant est intitulé « Lucy, 10 ans plus tôt ». Dix ans plus tôt, c’est le jour où Ollie présente Lucy a ses parents, Tom et Diana. Une grande surprise, cette maison est immense, majestueuse, un vrai manoir anglais. Et autant Tom est chaleureux et jovial, autant la femme grande, mince, élégante qui arrive dans l’entrée semble froide et hautaine. Lucy s’imaginait pouvoir avoir une relation simple et amicale avec sa future belle-mère, et là, c’est juste si Diana la regarde, et elle l’empêche d’aider à la cuisine ou pour l’aperitif. Cette froideur extrême est source de malaise pour Lucy, elle qui a perdu sa mère d’un cancer lorsqu’elle était petite. Et dans les mois précédant et suivant le mariage, Lucy voit ses tentatives de rapprochement avec Diana échouer lamentablement, elle se sent humiliée, pas à la hauteur, méprisée même. Et au fur et à mesure on la sent en arriver à la détester.

Au chapitre suivant, c’est Diana qui parle. Dans le même temps du passé que Lucy. Et là c’est la surprise, parce qu’on découvre une femme forte, courageuse, qui vient en aide aux réfugiés soudanais, afghans, irakiens, et surtout des jeunes femmes, jeunes mères, démunies en arrivant en Australie, sans autre soutien que leur mari. Elle aide en particulier les jeunes mères enceintes… Cette Diana est riche. Elle aide les mères en danger. Mais elle a des secrets. Des secrets qui l’ont faite telle qu’elle est.

Alors, que se passe-t’il ? Et pourquoi la police annonce-t-elle à Lucy que sa belle-soeur et son beau-frère disent qu’elle était la seule à ne pas aimer la défunte Diana ? Pourquoi la police dit-elle que Diana n’a jamais eu de cancer du sein, qu’elle n’a jamais consulté pour ça, qu’il n’y a aucune trace de cancer ? Alors, pourquoi ce suicide ? Avec ces chapitres entre Lucy aujourd’hui, après la mort de sa belle-mère Diana, et les chapitres de Lucy et de Diana dans le passé, on découvre une relation entre ces deux femmes qui est extrêmement intéressante du point de vue psychologique (c’est un « suspense psychologique »….) et les relations de couples, les relations parents-enfants, les difficultés rencontrées par une jeune mère souvent épuisée, et l’infertilité du couple Patrick-Nettie.. autant de personnages captivants et aimants, surtout, et ça, c’est la griffe d’un bon écrivain de romans. A suspense ou pas. L’auteure aime ses personnages et les fait aimer par le lecteur. C’est un bonus, le bonus du thriller captivant que je vous recommande ! Faites-moi confianccccssssscccce 🙄


La belle-mère – Sally Hepworth, ed Archipel 2020, ed Archipoche 2021, 389 pages d’évasion promises. Traduction de Maryline Beury

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