Les fêlures – Barbara Abel

Petite chronique pour ce roman de Barbara Abel, une des reines du thriller familial en huis-clos. Avec « Derrière la Haine« , par exemple, mettant en scène deux couples de voisins, avec « Duelle », bref j’ai lu tous ses livres. Que j’ai tous aimés.

Ici ce sont de nouveau deux soeurs au centre de l’histoire : Garance est appelée un matin tôt chez sa petite soeur Roxane et son compagnon Martin. C’est un SMS de sa soeur qui l’a réveillée, mais celle-ci ne répond pas aux appels de Garance. Garance, inquiète, court chez sa soeur. Elle a les clés, entre, et découvre le jeune couple, semblant morts tous les deux, dans leur lit. Enfin, il y a quand même un espoir de sauver Roxane, mais Martin est mort. À côté d’eux, une lettre de suicide. Sans explication réelle. À l’hôpital, Roxane, sortie du coma ne veut pas parler. Alors Garance cherche ce qui a bien pu se passer. Les soeurs ne se cachaient rien. Fusionnelles depuis l’ enfance, à force de se consoler l’une l’autre des folies et maltraitances de leur mère, alcoolique et violente, et du départ de leur père. Roxane est belle, solide, amoureuse de Martin, mais Martin ne s’est pas réveillé du coma. « Ça ne devait pas se passer comme ça », finit par dire Roxane à sa soeur. Qui essaie de comprendre.

Peu à peu se dessine l’histoire d’amour de Roxane et Martin, arrachée mot par mot des lèvres de Roxane. Un fils de très bonne famille, Martin Jouanneaux, travaillant dans l’entreprise familiale, une famille de grands bourgeois où Roxane se sent rabaissée. D’un milieu social plutôt bas, tout le monde dit qu’elle n’est avec Martin que pour son argent, parce que son physique à lui est plutôt quelconque.

Dès la sortie de l’hôpital, Roxane s’installe chez sa grande soeur, la police etant dans l’appartement de Martin, qui est désormais scène de crime. Parce qu’on a retrouvé une seringue de morphine près de la table de nuit de Roxane. On commence à l’accuser d’avoir maquillé le meurtre de son compagnon en double suicide. Pendant que Roxane récupère ses forces, Garance se souvient de son enfance, du suicide de leur mère, de leur vie de soeurs seules face à l’adversité, de leur symbiose, de leur amour. Mais peu à peu Garance découvre des facettes de Roxane qu’elle ne connaissait pas. Et reviennent des souvenirs violents qui la perturbent. Lorsqu’elle se rend compte que Roxane avait laissé tomber ses études, ses amis, ses sorties, ses contacts depuis environ cinq mois, des questions se posent. Sa soeur était-elle sous emprise ?

Je suis obligée de dire que je suis très déçue de ce « thriller ». Je n’ai pas accroché. Je n’ai pas ressenti l’urgence de tourner les pages pour en savoir plus. J’ai manqué de détails sur les personnages. Aucune description pour se faire une idée, et aucun décor, sauf celui du salon de la belle-mêre. On a besoin de planter les décors et les personnages afin d’en avoir une image mentale. On a besoin de s’attacher. Là, je n’ai aimé personne. À force de vouloir mettre des péripéties et de raconter l’histoire selon Garance puis l’histoire selon Roxane beaucoup plus tard dans le livre, on s’embrouille. Et on en oublie le principal. Je n’ai pas aimé. Je l’ai lu jusqu’au bout, et les multiples rebondissements jusqu’à l’extrême fin m’ont laissée de glace. Ça m’a semblé artificiel. Je suis déçue, déçue, déçue !

(et je suis hyper agacée du nombre de fois où l’auteur a utilisé le verbe « déglutir » dans ce livre.)

Les fêlures – Barbara Abel, ed Plon, mars 2022, 420 pages

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