« Je voulais qu’elle se taise »! – Randall Schwerdorffer et Frédéric Gilbert

Lorsque j’ai entendu parler de ce bouquin à la télé, sur une chaine d’infos, j’ai d’abord halluciné. Et je me suis demandé : est-ce moral de la part de l’avocat (que je déteste) de Jonathannnnn Daval d’écrire un livre sur l’affaire ? J’ai posé la question à mes amis Facebook, il y a divers avis. et un dégoût majoritaire. Surtout que Randall Schwerdorffer ose mettre sur la couverture, en sous-titre « La tragédie amoureuse de Jonathann et Alexia ». Parler d’amour alors que ce garçon a tué sa femme, c’est insupportable. Et la quatrième de couverture :

Et j’ai acheté le bouquin, cédant à une pulsion du genre de celles qui vous fait lire « Voici » chez le coiffeur. Et j’avais l’impression d’avoir commandé un journal à « scandales criminels » du style « France Dimanche » ou « Ici Paris », ou « Détective » (Je ne sais pas si ces feuilles de chou existent encore, je sors peu). Bref. À peine reçu, j’ai plongé. Et grosse surprise, Randall Schwerdorffer parle de lui à la troisième personne. Il fait le récit de cette histoire, en se décrivant comme grand et costaud, et autres adjectifs flatteurs dont il se pare ; dont le cabinet n’est pas une galerie d’Art comme chez les autres avocats, mais lui c’est un loft. Il trouve ça plus « classieux ».
Il raconte comment il a eu vent de l’histoire, alors qu’il se trouvait en vacances en Guadeloupe, et d’ailleurs c’est pas lui, « c’est sa femme qui regarde les chaines d’info, pas lui« , et, revenus en France, sa femme trouve que « ce serait bien pour la notoriété de Randall » de prendre l’affaire, de devenir l’avocat de Jonathann Daval, parce que celui-ci, arrêté, doit changer d’avocat : jusqu’ici il était « partie civile » avec les parents d’Alexia.

Toute l’affaire est résumée dans l’Avant-propos, une vingtaine de pages. Les lieux, le décor, les personnages, l’environnement familial et social, l’affaire en elle-même. Dans ce chapitre, ainsi que dans les suivants, l’auteur fulmine violemment contre le mot « féminicide », qu’il trouve « idiot », « bête », « inventé par des féministes intégristes », lui voudrait que désormais on utilise le mot UXORICIDE. Ben voyons. Un mot clair et facile, non ???

Alors ici commence pour l’auteur du bouquin une charge contre ceux qu’il considère comme ses ennemis personnels : les médias, la police, les féministes, le Procureur, la famille d’Alexia Daval, la famille de Jonathann Daval, le mouvement #metoo et le #balance ton porc, et une bonne partie de ses collègues avocats. Il prétend qu’il a appris des indices importants par le magazine « Le Point » DONC la police était contre lui, elle a « fuité aux journalistes ». Il prétend que l’affaire Daval a éclipsé l’affaire Nordhal Lelandais à cause des féministes. À cause des journalistes télé qui le détestent. Qui détestent Jonathann parce qu’il « a menti » à la France entière. À cause des télés, il est passé deux fois au Conseil de discipline, « c’est forcément un coup monté contre Randall » (en fait il a couru raconter les aveux de Jonathann à toute la presse attendant devant le commissariat de police, et ce avant même que soit terminée la garde à vue, et l’autre gros souci, il a discuté en fumant une cigarette à l’extérieur du Tribunal avec une personne de la Partie Civile, en plein milieu du procès !)

En fait tout le livre est un prétexte pour attaquer, dénoncer et se défendre, « défendre Randall », n’oublions pas que tout est écrit à la troisième personne. Tout le monde le hait, tout le monde hait son client, personne ne le comprend, par contre Randall le comprend. Quoique après avoir parlé de l’amour des deux jeunes gens pour vendre ce bouquin tout autocentré, il admet bien vite qu’il n’y avait plus de bonheur entre Alexia et Jonathann au moins deux ans avant le mariage.

Si vous me permettez une opinion personnelle, je suis tout à fait d’accord avec Randall trucmuche sur le fait que la peine du gamin est un peu trop lourde au regard du crime : non prémédité : non excusable non plus, mais il ne méritait pas 25 ans. Sachant que mentalement ce gamin est resté un enfant, et qu’il ne pouvait pas « assurer » sexuellement aux demandes d’Alexia pour concevoir.. à mon avis il n’y a pas de risque de récidive.
J’ai au moins bien ri lorsqu’il a parlé de « Brigades cinéphiles »!!!! Parce qu’en même temps il parle de l’affaire Jubillar, et il tient Cédric Jubillar pour innocent….

Pour résumer, vous n’apprendrez rien sur l’affaire Daval, mais tout sur le sentiment de supériorité de cet avocat détestable, vous aurez juste envie de le détester pour son arrogance et son délire de persécution. Je n’ai trouvé aucun intérêt à ce livre, j’ai eu juste envie, pendant toute la lecture, de ricaner tant ce Randall Schwerdorffer se ridiculise.

« Je voulais juste qu’elle se taise »- Randall Schwerdorffer et Frédéric Gilbert, éditions Hugo-Doc, octobre 2021, 238 pages, 18,95€

17 commentaires

  1. J’avais pas vu ce bouquin.. merci pour l’info. Malgré ta critique, j’ai très envie de le lire aussi. Je n’avais pas compris les réactions de cet avocat et la manière dont il parlait de son client aux médias et j’ai bien envie de voir comment il l’a vécu.

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  2. Ca y est est je viens de faire le lien avec le personnage (l’avocat) vu sur la 5 dans C’est à vous je crois au moment de l’affaire et que j’avais trouvé arrogant, incorrect, imbus de lui-même (à l’époque on ne savait pas encore qui était l’assassin) et à chaque fois ensuite que je le voyais à l’écran, toujours à se mettre en premier plan, à faire le « show »….. Ce n’est pas le genre de livre pour lequel je dépenserai un kopek de toutes façons mais en sachant en plus qui l’a écrit 😦

    Aimé par 1 personne

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