On se reverra – Lisa Jewell

Encore une auteure que je n’avais jamais lue. J’ai croisé des photos de pas mal de ses livres souvent. J’avais un a priori négatif, j’avais l’impression que c’était de la littérature sentimentale, avec ces couvertures chichiteuses à petites décorations. Mais, tout récemment j’ai appris qu’elle écrivait des thrillers. Alors j’ai testé.
Première constatation, je n’ai pas pu le lâcher tant que je ne l’avais pas terminé, ce roman à suspense. Le titre anglais était « I Found You » c’est à dire « Je t’ai trouvé(e) » donc intraduisible pour que l’on ne sache pas si on parlait d’un homme ou d’une femme. Alors, j’ai terminé la lecture à 03heures du matin (j’ai de la chance : je ne travaille pas).

Sur une plage britannique, dans le Yorkshire, un homme est assis. Depuis des heures. Et ce n’est vraiment pas un temps à mettre un chien dehors. Ridinghouse Bay est une petite ville connue pour son charme villageois, ses maisons anciennes, ses plages de sable, sa fête foraine estivale.

J’ai regardé sur la carte. J’ai même croisé des blogueurs anglais qui ont reconstitué les lieux où se passe l’histoire :

C’est chou, n’est-ce pas ? Donc cet homme est assis là, sur le sable, les yeux fixés sur l’eau. Alice Lake vit là, dans une petite maison tricentenaire en bord de mer, avec ses trois enfants. Elle a fini par fuir Londres et sa pollution, et une relation toxique avec le père de sa dernière fille Romaine. Elle a installé son bureau dans une petite chambre tout en haut de la maison. Elle fabrique des sculptures de papier, et les vend en ligne. Par la fenêtre elle voit que cet homme n’a pas bougé de la journée. Et il commence à pleuvoir. Elle emmène les chiens et un vieux manteau laissé par un locataire de son studio, et son parapluie. Arrivée sur la plage, il pleut vraiment fort. L’homme ne bouge pas. Pourtant il fait froid et il est en t-shirt. Elle le regarde, il la regarde, il a l’air perdu. Il ne se souvient pas pourquoi il est là. Elle lui donne la veste tout en essayant de l’aider. Se souvient-il de comment il est arrivé là ? Et d’abord, son nom ? Il ne se souvient de rien. Il a l’air désespéré alors qu’il s’en rend compte. Il n’a ni papiers, ni téléphone, rien. Comme la pluie redouble, Alice, trouvant cet homme pas dangereux du tout, l’emmène chez elle pour se réchauffer. Les deux ados d’Alice font la grimace, la petite Romane s’en fiche. Les questionnements d’Alice restant dans réponse, il faut aider ce type. Il a une bonne tête, il a dans les quarante ans, il peut cette nuit dormir dans le studio du fond du jardin, meublé sommairement, qu’elle loue l’été. Alice est une femme généreuse, chaleureuse, ce personnage est vraiment super. Parlant un langage courant, voire familier, on craque totalement pour cette femme, qui va tout faire pour aider cet homme à retrouver son identité. La psychologie des personnages est particulièrement réussie.

Au même moment, à Londres, Lily, jeune mariée, s’inquiète : son mari n’est pas à l’heure. Ce n’est pas normal. Il est si ponctuel, et ils rentrent à peine de voyage de noces. Il ne répond à aucun message, ni ne décroche son téléphone. Au bureau, on lui dit qu’il a bien quitté son bureau en fin d’après-midi. La police est impliquée, cherche, interroge, et s’aperçoit que ce Carl Monrose n’existe pas. Son passeport, trouvé dans un tiroir de l’appartement, est un faux.

Entremêlant des passages d’un été 1993 au même endroit, à Riddinghouse Bay, le puzzle nous fait passer par tous les soupçons possible. Sans avoir besoin d’en rajouter dans la violence, on se demande où est Carl, qui est l’homme amnésique ? Qui est ce sombre psychopathe qui a hanté l’été 1993 ? Pourquoi l’inconnu pense-t-il qu’il a étranglé quelqu’un ? Comment va faire Lily, jeune ukrainienne juste débarquée à Londres pour survivre, seule au monde ?
Personnages attachants, intrigue bien menée, suspense bien ficelé, style vraiment clair et chaleureux, je m’y suis sentie bien, dans ce roman à suspense. J’en lirai d’autres de Lisa Jewell, tiens. Craquage total. En mangeant du chocolat.

On se reverra – Lisa Jewell, ed. Hauteville/ Bragelonne 2018, 380 pages

3 commentaires

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