Les chiens de faïence – Thomas Louis

Je suis dégoûtée, je vous le dis. Telle que vous me voyez, avec ma migraine et tout le bazar. Ce livre que j’avais choisi et précommandé, dans ma sélection de rentrée littéraire, j’en attendais beaucoup. On nous promettait de l’humour noir, une famille déjantée, Jean-Paul Dubois avait même fait un « blurb » sur le bandeau de couverture. Il était écrit, dans la présentation éditeur  » Thomas Louis s’impose comme l’une des nouvelles voix de la littérature française contemporaine, entre l’humour désenchanté de Jean-Paul Dubois et la poésie absurde de Samuel Beckett« . Eh bien je n’y ai rien vu de tout ça. Rien.

« Rien » a été le mot, à la moitié de ma lecture, je m’y ennuyais tellement. J’étais en colère dès la moitié du bouquin. Il ne se passe rien. Je m’explique: c’est une famille française qui vit dans un petit village, mais un peu excentrée. Trois maisons : les grands-parents maternels du narrateur, puis ses grands-parents paternels, puis eux. Le père, la mère, Christophe, 17 ans et sa soeur Emma, plus jeune. C’est une famille où on ne parle pas. Lorsqu’un drame arrive, sa mère pleure et elle envoie les enfants dans leur chambre. Là-dessus elle prie tout haut avec son chapelet, les enfants, oreilles collées contre leur porte, apprennent qu’on a retrouvé le corps du grand-père maternel pendu dans la grange. Et là- dessus, sa mère reprend son scrapbooking, son père allume la télé et s’installe dans son canapé comme d’habitude. Il ne se dira rien, au repas où personne ne dira un mot sauf « passe moi le pain », comme d’habitude.
Christophe est un jeune homme qu’on ne détaille pas beaucoup, on ne le voit pas en cours, on ne le voit qu’en train de se torturer l’esprit en tournant en rond dans sa chambre. Il pense que cette famille est normale d’apparence, mais que personne ne parle.
« Les gens étaient des bêtes dont le train-train baignait dans une source glacée » Il parle de lui comme « le fils Dugast », sa mère comme « La mère Dugast », etc. À d’autres moments il parle de « la mère » ou « le père ».

« Dans ce gros maillon familial régnait une tranquillité à faire pleurer les pierres, cautérisante et sans fracas ». Le reste de l’histoire, la grand-mère se suicide sans raison, les autres grands parents aussi, sans que ca ne soulève d’explications’ de commentaires, même de tristesse. Les trois-quarts du romans sont pleins de vide, il ne se passe rien, personne ne se parle, personne ne présente un quelconque sentiment, personne ne fait voir quoi que ce soit. Et à la deuxième partie du roman, Christophe, 18 ans prend le train pour Lyon et ensuite Paris avec ses 150 euros d’étrennes, avec dans sa poche son chapelet et l’adresse d’une amie de jeunesse de sa mère, trouvée dans son calepin de sa mère. Et cette amie, sa mère ne l’a jamais revue. Le reste est complètement insipide, même si l’auteur nous prépare une surprise : l’amie de sa mère est devenue une vieille grue aimant les jeunes hommes. Et voilà moi j’ai abandonné 30 pages avant la fin. Il faut pourtant que je vous parle des phrases. Comme les deux, là, en gras. Des essais de faire genre sans y arriver. « Elle avait du chocolat autour de la bouche, que les larmes venaient saler sans promesse » Non mais enfin, quoi, au milieu d’un vide sidéral, on tombe sur des phrases comme ça, qu’on doit relire deux ou trois fois avant de se dire qu’on laisse tomber l’explication.

Ces phrases sont plaquées là, entre deux considérations. Ça me soule mais encore un exemple, page 180 : « Le soleil allait bientôt s’accroupir derrière les collines, Christophe avait si peur de l’agonie de s’adapter »
Dans cette histoire il ne se passe RIEN, même les suicides en séries vantés par l’éditeur ne sont que quelques phrases, qui ne mènent à aucun changement dans la vie des gens, ni de Christophe, le « héros ». Le seul rebondissement c’est lorsqu’il prend le train pour fuir cette famille. C’est vide, c’est creux, c’est artificiel, sans saveur, aucun style et en même temps une collection de phrases posées ci et là l’air de rien, en passant, phrases absconses qu’on est obligés de relire pour comprendre, et non, c’est juste incompréhensible. Je me suis ennuyée au-delà du possible, tout en étant perturbée dans ma lecture par ces phrases-décorations posées à certains endroits du récit.
Zéro poésie, zéro romantisme, pas d’action, pas d’histoire. C’est beaucoup trop de « rien » pour être lu. Je me suis sacrifiée, voyez.

Les chiens de Faïence – Thomas Louis, ed de la Martinière, 295 pages, sortie 19 août 2021

24 commentaires

  1. C’est horrible quand on s’attend à quelque chose et qu’on se retrouve en face de « rien ».
    Les quelques phrases partagées ne donnent pas envie.
    Ou alors juste par curiosité ou pour se rassurer – on peut écrire des trucs sans intérêt et être édité!!!
    On croise les doigts pour le prochain!

    Aimé par 1 personne

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