Demain et le jour d’après – Tom Sweterlitsch

J’avais lu le premier livre de Tom Sweterlitsch, Terminus, sorti en mai 2019, et il m’avait marquée. Parce que l’illustration de couverture, d’Aurélien Police m’avait agressée. Visuellement parlant, sexuellement parlant, il y avait une « double vision » possible. La chronique de Terminus ici : https://melieetleslivres.wordpress.com/2019/05/16/terminus-tom-sweterlitsch/ Le monde construit par Sweterlitsch m’avait marquée aussi : j’ai fait la connaissance avec la mousse quantique, par exemple. J’avais déjà lu des romans de fantasy et d’anticipation, mais là, c’était du nouveau. Et finalement j’ai aimé. Surtout le côté horrifique et le suspense.

Pour « Demain et le jour d’après« , Sweterlitsch immerge le lecteur dans un monde très différent. Nous sommes dans un futur proche, les humains n’ont plus de téléphone, plus d’écrans, d’ordinateurs ou même de télévision. Ils ont un neurospam, un implant dans le crâne, qui est branché sur leurs cinq sens, les démultipliant en puissance, ainsi que des lentilles rétiniennes. Le neurospam est constamment connecté, à certains réseaux publics, ou privés. Ainsi des images sont projetées devant la personne, des publicités d’abord, qui aparaissent presque en hologramme, tant la vision est augmentée. Des recherches à faire ? On trouve dans le neurospam. Des films, concerts , évènements, on demande au neurospam. On le consulte. Et le nombre d’alertes info, de faits divers, la pub, chaque américain est presque submergé.Ce type de monde est la cybernétique, et on peut même le qualifier de cyberpunk, tant l’ambiance est pesante et noire.

L’histoire : Il y a dix ans, Dominic Blaxton, un éditeur de poésie, poète lui-même, était en train de mettre en place un codage pour éditer les livres de poésie au format numérique et une bombe nucléaire a rasé la ville de Pittsburg où il vivait. Ce 21 octobre-là. Sa femme, enceinte de huit mois a été transformée en cendres en un instant, comme les 500 000 autres habitants de cette ville. Mais Dominic était en déplacement. L’horreur absolue pour lui, et pour des centaines de milliers de proches des victimes parties en poussière.

Dominic travaille désormais pour une entreprise d’enquêtes pour les assureurs : autant de morts, autant de familles à indemniser, mais certaines morts ne semblent pas dûes à la bombe, mais accidents, ou crimes, ou suicide, dans ce cas les assurances doivent mettre à part ces gens-là. . Son neurospam est connecté à une mémoire publique qui a restauré le Pittsburg d’avant la bombe, reconstituée d’images de caméras de sécurité, de mémoire rétinienne des survivants. Cette mémoire est appelée L’Archive. Les enquêteurs comme Dominic ont un accès spécial à cette mémoire publique, en plus de leurs propres souvenirs. Il retourne constamment voir sa femme dans le passé, la regarder, être près d’elle, par ses souvenirs recréés en réalité augmentée, mais aussi dans l’Archive. Pour être à ses côtés.

Depuis dix ans, il est en dépression, traité pour SSPT aussi, et il voit plusieurs thérapeutes. Il se drogue, aussi parfois. Il est au bout du rouleau.
Mais au cours d’une promenade virtuelle, où il sait que sa femme allait se promener, donc il s’en va la rencontrer, dans un passé mémoriel et pourtant si réel en apparence, il tombe sur le cadavre d’une femme, qui est à moitié déterré du lit boueux d’une rivière. Son boss lui demande d’enquêter sur elle, trouver son nom, comment elle a été tuée, quand, et par qui. C’est son boulot. Il la « file » dans le passé, par l’Archive, et visite ainsi des dizaines de boucles temporelles et spatiales. Mais cette fois ce travail, auquel il est habitué : trouver, résoudre, faire un rapport, se heurte à des difficultés successives, et cette course dans l’Archive à la recherche de personnes disparues devient très dangereuse, des gens haut placés le menacent.


Ce livre est foisonnant dans le « Worldbuilding », il est tellement étonnant (pour moi, au moins, qui ne suis pas une spécialiste férue de SFFF) que j’ai mis longtemps pour comprendre, pour visualiser le contexte présenté par l’auteur. Page 90 environ, l’intrigue a pu démarrer, à force de notes de lectures nombreuses pour m’y retrouver. C’est un thriller également, mais j’avoue m’y être sentie perdue parfois, l’intrigue allant un peu dans tous les sens, avant que j’aie eu le temps de tout comprendre. Je ne doute pas un seul instant que les amateurs adoreront, mais je mets un petit bémol personnel pour les complexités rencontrées.

Demain et le jour d’après – Tom Sweterlitsch, ed Albin Michel Imaginaire, sortie le 28 avril 2021, 410 pages, traduction de Michel Paget.

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