Le berger – Anne Boquel

J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une opération Masse Critique Babelio en partenariat avec les Editions Seuil.

L’histoire : une jeune femme, Lucie, est conservatrice dans un tout petit musée d’une petite ville de province. Elle ne s’y plait plus trop, ça l’ennuie, on sent chez elle un vide sidéral. Dans les transports en commun, les gens l’agacent. Dans sa vie sentimentale, elle n’a pas de relations suivies, parce qu’elle les laisse s’effilocher. Elle n’a pas d’amis. Ses parents sont professeurs, mais elle ne s’entend pas avec eux. Elle ne parle qu’à sa collègue Mariette, qu’elle méprise par ailleurs. Étant née dans une famille athée, le fait que sa collègue aille dans une communauté évangélique lui semble complêtement idiot. Elle qui a été élevée dans l’athéisme a tout de même une idée de la culture catholique de par ses études d’histoire de l’art. Lorsqu’un vieil homme décide de faire don de sa collection d’objets pieux de valeur, c’est Lucie qui est chargée de les installer dans une pièce, les mettre en valeur.
Un beau jour, l’idée (sortie d’on ne sait où) d’accompagner Mariette à son groupe d’évangélistes la prend. C’est dans un hangar vide d’une zone industrielle, froide, avec des chaises en plastique, et il y a beaucoup de Sénégalais.. il y a une « masse de monde », ou une « foule massée », ou même « la masse », c’est ainsi que sont « décrits » les fidèles. Elle tombe sous le charme du Berger, un certain Thierry, et lui obéira en volant les objets religieux du musée pour les lui donner. Voilà.

Je pensais tomber sur un livre qui parlait d’une secte. C’est ce que promettait la 4e de couverture et la présentation de l’éditeur. Je crois que l’auteure n’a qu’une vision très vague des mouvements sectaires et de leurs dérives. Elle n’a visiblement pensé qu’à l’attirance d’une personne seule pour un groupe religieux, le jeûne, et le profit du leader. Je crois qu’elle a juste suivi la présentation « comment reconnaitre une secte » sur le site Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) sans plus se documenter…


Comme les dérives sectaires sont un sujet qui m’intéresse depuis toujours, je connais bien de nombreuses sectes, américaines comme celle de Jim Jones, David Koresh (Waco), les Mormons, les Témoins de Jéhovah, les cultes du Doomsday, Heaven’s Gate…les adventistes, pentecôtistes et autres escrocs évangélistes…. et aussi en France : toujours les Témoins de Jéhovah, les Enfants de Dieu, le Temple du Soleil. Le Mandarom, Raël, les Béatitudes, sans parler encore et toujours des Évangélistes, ces escrocs à grand spectacle, etc.

Cette lecture a été un vrai pensum. Un purgatif. Lucie, le personnage principal est vide, creux, et encore je suis gentille. Dans la « masse » indistincte des personnages, il y en a 4ou 5 dont on fait la connaissance, et pareil, aucun relief, aucune épaisseur. Le « berger » est « émacié » et sa peau est « jaunâtre », et on veut me faire croire qu’elle a été séduite le jour même ? Il n’y a pas de mécanisme d’emprise décrit, pas de description des chants, de l’ambiance, pas de sensation de piège qui se referme. L’auteure passe son temps à s’emmêler les pinceaux et dire tout et son contraire dans une seule page. Il y a des tics d’écriture du genre « elle avait le sentiment que », et aussi des adjectifs en négatif, comme  » n’était pas sans charme », « n’était pas dépourvue d’efficacité »,  » parlait sans conviction »… On n’a aucun « enseignement » du Berger, car les sessions de prières sont en général de grands et interminables sermons et envolées plus ou moins lyriques, plus ou moins menaçantes, dans les cas de gourous… là, rien. Dieu qui devrait être au centre de ces prières et des sermons du Berger est vraiment, vraiment peu présent.
Ce n’est pas crédible, cette histoire, pas du tout. Les bras m’en tombaient. Aucune ambiance, les personnages sont totalement insipides, les décors, rien, aucune tension, aucun suspense, aucune scène qui semble réaliste, encore moins à la fin. D’ailleurs, l’auteure va même jusqu’à nous faire un sacrifice humain à la fin !!!! Alors qu’aucune violence ne transparait à aucun moment dans le récit. Le personnage, amoureux du Berger, est enfin exaucé, il veut la prendre pour maitresse, et ensuite, l’auteure va nous parler de viol, à la fin. Le style est affreux, c’en est effrayant. C’est plein de bouts de phrases absconses comme « penser sans aménité »….. Lucie, l' »héroine », « tressaille » un nombre incalculable de fois. Elle est détestable, molle, jalouse, niaise, etc. J’ai souffert mort et passion pendant toute cette lecture, tant c’était creux et mal écrit.

J’ai très récemment vu un beau film sur le sujet, qui s’appelle « Les Eblouïs », et je peux vous dire que ce brave Jean-Pierre Darroussin est bien plus crédible en « Berger » que le personnage du livre d’Anne Boquel. Et ça, c’est fort !

Mon conseil : économisez votre argent en n’achetant pas ce livre.

Le berger – Anne Boquel, ed Seuil, 286 pages, sortie le 4 février 2021

9 commentaires

  1. So boring… J’ai eu le même ressenti, quelle « quiche » cette Lucie ! Les objets sacrés du musée semblent les seuls éléments a avoir une « âme », idée vite oubliée hélas. Oui, il vaut mieux regarder « les oubliés » qui traite le sujet sans jugement avec une grande tendresse pour les personnages

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