La fourmi rouge – Emilie Chazerand

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Pas évident d’avoir 15 ans quand on s’appelle Vania, et surtout Vania Strudel, avec une paupière qui tombe, un père taxidermiste, une impossibilité congénitale de s’habiller comme les autres, avec les vêtements qu’il faut, le style qu’il faut, elle aimerait mieux se balader en vieux jogging vert si elle pouvait.

Pour elle, la vie ne semble être qu’une succession d’épreuves où chacun est condamné à n’être personne.
Entre sa mère morte lorsqu’elle avait huit ans, et ses soucis pour être « dans la norme ». Mais un jour, elle reçoit un mail anonyme qui lui fait l’effet d’un électrochoc  « Nous sommes tous des fourmis, vus de la lune. Mais tu peux être la rouge parmi les noires. Qu’est-ce que tu attends pour vivre? »

Cette ado qui n’a comme amie en classe que la magnifique Victoire, qui, elle en est sûre, ne l’aurait jamais regardée si elle n’était pas atteinte du « fish odor syndrom ». Maladie orpheline, Victoire n’assimile pas les enzymes normalement, et sent extrêmement fort le poisson. Vania, ça, elle s’en fout. Elle, on l’appelle « Tampax » ou bien « Strud’balle ».

Sur un ton cynique et plein d’humour noir, Vania raconte sa vie, sauf son secret : sa mère. Elle vit dans un minuscule appart avec son père qu’elle adore, son amie Victoire vient souvent, elle a des amis dans tout l’immeuble, les plus importants pour elle sont le père de Rachel, paralysé et ne parlant jamais, à qui elle raconte sa vie, et son voisin de palier, Pierre-Rachid et ses parents Hocine et Nacera. Pierrach’ comme elle préfère l’appeler. Ils sont voisins depuis leurs 8 ans, se connaissent par coeur, elle peut tout lui raconter. Ils ont d’ailleurs fondé le Club des Minables.

Jusqu’au jour où Pierrach’ lui annonce qu’il sort avec Charlotte Kramer. Celle qui, en CE1 a mis du laxatif dans le chocolat de Vania, celle qui a coupé sa longue tresse en 5e,. Vania se détache de son meilleur ami la mort dans l’âme, ne lui pardonnant pas cette trahison. Vania s’enferme chez elle, de douleur, et c’est là que ce mail anonyme lui demande de relever la tête, de devenir une fourmi rouge !

Écrit sur un ton que j’aime beaucoup, ce roman étiqueté Jeunesse et « Jeunes Adultes » (euh, moi je suis une vieille adulte et j’ai trouvé ce roman très distrayant.). Les amis de toutes origines, de toutes religions. Le ton, l’écriture vive, les rebondissements, la vie autour de Vania, j’aime beaucoup. J’ai un « hic » cependant : l’auteure emploie parfois des mots que l’éditeur, sur sa 4e de couv, trouve « truculents », moi non. Déjà pour de la littérature jeunesse, mais même moi, adulte, je tique. Des mots comme « cramouille »  de ce style-là, dans la conversation, et d’autres du même tonneau. Moi je n’aime vraiment pas ça. Tout le reste est excellent.

La fourmi rouge – Emilie Chazerand – Ed Gallimard poche Pôle Fiction, 365 pages, oct 2019, 7,50€

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