Sido – Lettres à Colette – présentées par Gérard Bonnal

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Sido, de son vrai nom Adèle Eugénie Sidonie Landoy, est née en 1835 à Paris, mariée une première fois en 1857 à Jules Robineau-Duclos, dont elle aura trois enfants : Juliette, Achille et Léo, épousa en secondes noces Jules-Joseph Colette, père de l’écrivain.

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Sido fut immortalisée par sa fille Colette, qui fit d’elle « le personnage principal de toute [sa] vie » et de plus de quatorze de ses ouvrages. Sido fut également une mère à nulle autre pareille, une belle-mère à la dent dure, et une libre penseuse revendiquée. Riche de plus de quatre cents lettres, sa correspondance avec sa fille cadette révèle -au-delà du témoignage sur l’époque – l’envers du miroir où l’on découvre une Sido intransigeante et pourtant profondément aimante, qui s’inquiétait de la voir perdre son temps dans le monde du music-hall au détriment de sa carrière d’écrivain. Une femme à la personnalité à double-tranchant, une fille qui le lui rendait bien : ce recueil rétablit l’équillibre et nous dévoile une relation particulière, teintée d’amour et d’amertume.

Sido passait beaucoup de temps à écrire et à transmettre les nouvelles de la famille étendue, des amis, de tout ce qui se passait alentours, décès, maladies, mariages, avec considérations d’un mauvais esprit hilarant. Elle vivait auprès de son fils ainé, Achille, mais chacun sa maison. En effet, Achille était medecin « de campagne » et il était alors semble-t’il de mise qu’il fût accompagné dans ses visites, soit de sa mère, soit de sa femme, Jeanne, soit d’un domestique. Mais il sera là tous les jours, aux repas, le dimanche, pour la soigner, jusqu’à la fin.

 

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Lorsqu’on parle de la fin de Sido, et c’est très perturbant pour moi,  dans toutes ses lettres Sido réclame la présence de sa fille. Colette n’a-t-elle pas pris au sérieux la lourde maladie de sa mère qui la réclamait à son chevet? Pourtant même Achille lui écrira deux fois, lui disant que c’est très grave. En tous cas Colette ne revient que deux fois pendant la maladie de sa mère, la dernière fois le 26 août pour juste trois jours, et la sachant mourante, elle ne fera pas l’effort de retourner la voir. Sido est morte le 25 septembre 1912, et Colette ne se déplacera même pas pour son enterrement.. Je trouve ça.. c’est une découverte pour moi.

On se demandera longtemps où sont passées toutes les lettres de Colette à sa mère, s’entrelaçant entre les lettres maternelles,  et dont Sido faisait lecture aux amies et à la famille. On le saura plus tard lorsqu’une des filles d’Achille avouera que son père, fou de douleur, à la mort de sa mère et face à l’absence de sa demi-soeur Colette, a tout brûlé : lettres, photos, cartes, articles de journaux, livres, programmes. Il est lui-même mort juste un an après Sido.

Ce recueil de lettres permet, avec les annotations de bas de page, de découvrir le réel des  personnages qu’on retrouvera dans les livres de Colette, les dates et les moments charnière de la vie de l’écrivain.

Je suis passionnée de Colette, et vraiment, j’ai beaucoup appris sur l’influence de Sido, que je ne m’imaginais pas si grande.. Une source de renseignement sur ces deux femmes, sur la vie à l’époque.

Un livre de plus pour ma déjà grande collection !

 

Sido- Lettres à Colette 1903 – 1912, editions Libretto, Janvier 2019, 570 pages, 12,80€

 

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