Mort d’un cheval dans les bras de sa mère – Jane Sautière

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Je ne voulais pas vraiment lire ce livre. À cause du titre. Ça faisait des mois qu’il était dans ma Pile À Lire. C’est un hasard fou qui m’a fait prendre ce livre de ma pile,  confondant avec un autre des Éditions Verticales que je voulais lire, lui.

Ce livre, c’est comme Peau d’Âne, faites abstraction de ce titre, de la 4e de couverture. Ce livre, une fois ouvert, m’a entraînée de bonheurs en bonheurs, avec quelques passages sur l’enfance de l’auteur, suggérée souvent,  pleine de peines, de manque de la mère qui ne réussit à donner naissance qu’à des enfants morts-nés, sauf Jane, et qui s’enfonce dans la douleur et ne donnera jamais l’amour que cette enfant recherche.

Le père, par contre, qui a inventé ce « titre » comme une plaisanterie, en le faisant passer comme le titre du film qu’ils vont voir, est à l’aise avec sa fille, mais il est pourtant peu présent. Mort d’un cheval dans les bras de sa mère est en fait une allusion à l’amour de la petite Jane pour les chevaux, et elle adore se comporter comme eux.. galoper, se cabrer…. et le côté triste de la maman qui sombre.

Ouvrez ce livre, et vous découvrirez, par fragments, les animaux qui ont cotoyé l’auteur, du petit lapin aux chiens, aux corbeaux qu’elle voit, aux pies dont elle connait les particularité et enfin aux chats qu’elle recueille via une association, car ils sont peureux, ou trop jeunes, ou abimés par la vie.

De Téhéran où l’auteur est née, au Vietnam, dans tous les pays où elle a vécu, les animaux l’accompagnent, comme nous, les animaux familiers nous côtoient, nous aiment sans conditions, sont source de mille questions sur la vie, sur la mise au monde d’un petit et le sentiment maternel, de maternité qu’elle observe intensément, ils sont source de plénitude aussi, lorsqu’on rentre chez soi, dans un foyer où un animal nous attend.

Le sentiment de douleur, la souffrance de devoir mettre un terme à une vie, mêne à l’interrogation sur l’obligation de tuer les animaux nuisibles, de mettre un homard dans l’eau bouillante,  jusqu’aux vidéos des abattoirs, épouvantables, mêne à une réflexion approfondie sur le spécisme, l’anthropocentrisme, le désir de plus en plus fort de devenir végétarien-ne, le plus possible. Le bien-être animal, dont il est actuellement beaucoup question, le monde commence à en prendre conscience. La vie, toute vie. Les plus fragiles, les SDF, amis des animaux, qu’elle côtoie en cherchant une Siamoise perdue, les réfugiés, les sans-abri, les sans-rien qu’elle côtoie aussi, de par son métier d’éducatrice post-pénitentiaire, la poussent à s’interroger sur la place de tout être vivant sur terre. Nous nous interrogeons aussi..

Mon avis : Ce n’est pas un livre barbant, au contraire. Il est plein de poésie, de douceur, de tendresse, j’ai vraiment pensé à la grande Colette, qui aimait et parlait avec ses animaux. La poésie de cet amour. Mais c’est aussi philosophique, forcément, lorsque l’auteur parle de la place de l’animal, de manger des animaux, les humains sont-ils réellement la race dominante? Et les humains peuvent-ils désigner des sous-humains, les migrants par exemple ? Les sans-abri ?

J’ai ADORÉ ce livre. Je l’ai lu d’une traite. C’est un livre précieux. Un manifeste pour la vie, pour la compassion. Lisez-le !

4e de couverture :

« Ce livre a commencé un matin. Je me réveille en larmes d’un rêve où réapparaît mon chien, mort il y a plus de cinquante ans. J’ai voulu nouer à nouveau ce couple, enfance et animal. Il y a, non sans raison, un bestiaire à l’œuvre dans chaque berceau. Dans celui de notre humanité aussi.
Pour rendre compte de cette présence persistante dans ma vie citadine, je suis remontée à l’image pariétale du cheval, issue d’une préhistoire personnelle, ainsi qu’au corbeau fabuleux ou à d’autres animaux qu’on domestique, qu’on chérit, qu’on tue et qu’on mange. Il en va du désespoir politique de la domination infligée par mon espèce à ce qu’elle estime posséder. Et de la joie pure de cet autre monde qui élargit le nôtre. » 

Mort d’un cheval dans les bras de sa mère, Jane Sautière,  Editions Verticales, 2018, 183 pages, 17 €.

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