Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka

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Julie Otsuka est née en 1962, en Californie, d’une mère américaine d’origine japonaise et d’un père japonais.
Elle fait ses études supérieures à l’université de Yale où elle a été diplômée en art (peinture et sculpture) en 1984. Puis elle s’est dirigée vers une autre forme de création : l’écriture. Son premier roman « Quand l’Empereur était un dieu », a reçu le Prix Fémina en 2002.

Les voix qui s’élèvent sont multiples.  Les visages, les images, les vies que l’auteure décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi. Elles ont accepté la demande de jeunes Japonais qui ont envoyé leur photo, avec quelques mots « je suis banquier » « J’ai ma propre usine » « J’ai des domestiques » etc… Elles ont accepté pour fuir le travail des champs et la pauvreté.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles recontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Et c’est déjà le drame. Leurs photos ont été prises il y a au moins 20 ans. Ils ont l’air vieux, sales et pauvres……Ils repartent chacun avec leur « épouse » qui a appris à obéir à tout, c’est dans leur éducation.
A la façon d’un choeur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées … leur nuit de noces, souvent brutale, souvent des viols, leurs rudes journées de travail dans les champs, la misère, la saleté, pas de maisons mais des tentes……. elles racontent leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation par les Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire … Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre….

Mon avis : j’ai aimé le parti-pris de l’auteure de faire parler ces femmes ensemble, d’une même voix. Même si elles sont multiples. J’ai aimé cette écriture simple mais tellement touchante, comme auraient parlé ces femmes du tout début du XXe siècle. Cette misère, ces vies gagnent à être connues. C’est l’Histoire. Une partie de l’histoire des USA..
Magnifique et violent dans sa simplicité.

Littera, 2012
10/18 2014, 140 pages.

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