La loi du silence – Anita Terpstra

Un petit thriller non lu trouvé dans mes étagères. Sorti en 2016 chez Denoël. Canicule, migraines ou autres, ce genre de bouquin arrive à point pour m’emporter dès la première page et me faire oublier tout le reste. (La canicule, les feux, la mort de Sempé, Salman Rushdie..)

Nous sommes en Hollande, près d’Amsterdam. Alma, une mère totalement paniquée, court dans les bois, sous un orage, pour retrouver Sanders, son petit garçon de 11 ans. Alma et son mari Linc ont une ferme de famille, aux abords d’une forêt, forêt où sont souvent organisés des événements pour les jeunes du village, soirées dansantes, jeux, feux de camps. Beaucoup de parents encadrent bénévolement toutes ces activités. Ce soir avait lieu une petite course d’orientation, suivie d’un karaoké. Mais l’orage n’était pas prèvu, et voilà que son mari, faisant partie des accompagnateurs, l’appelle chez eux pour lui dire que Sanders et son petit camarade Maarten sont introuvables. Surtout dans le noir et sous la pluie, c’est la panique pour tout le monde. Soudain, les secours signalent avoir retrouvé le petit Maarten, mort. Et Sanders reste introuvable. Les secours, les policiers, tout le monde le cherche. On ne sait pas ce qui s’est passé. Et personne ne sait ce qui est arrivé à Maarten, qui a été retrouvé pantalon et slips baissés. C’est l’horreur. Tout le monde se connaît, Maarten est le fils de sa meilleure amie.

Six ans plus tard. Un ado, en pleine nuit, au milieu de la forêt, enterre un homme. On comprend que cet homme lui a fait subir des sévices de tous genres, l’a affamé et l’a maintenu hors de la civilisation après l’avoir kidnappé. Pourtant il a du respect pour cet homme, utopiste, désireux de vivre en autarcie. Et en même temps il le hait, c’est un pédophile. Après cette atroce inhumation, l’ado prend un sac, et fait des kilometres pour sortit de cette forêt. Malgré sa peur des autres, du bruit, des voitures, il sait qu’il doit trouver un commissariat, et dire ce qui lui est arrivé, et dire son nom. Sanders.

La famille au grand complet arrive, et c’est une joie sans limites pour Alma, qui n’a cessé de remuer les médias et la police pendant six ans pour retrouver son enfant. Pour Linc, le mari, qui depuis la disparition de son fils a fait une dépression dont il n’est toujours pas sorti, a perdu son travail et s’est séparé de sa femme, les retrouvailles sont un peu chargées de gêne. Pour Iris, la grande soeur, qui avait quinze ans lors de sa disparition, c’est la culpabilité écrasante d’un secret toujours non dévoilé, qui lui fait se sentir horriblement coupable de n’avoir pas vu disparaître son petit frère… ce soir-là elle devait, avec son petit ami Christiaan, rester en groupe avec les deux petits garçons…

Rentrés chez eux, c’est la presse et les médias qui accueillent cette famille, qui était brisée. Et aussi la culpabilité. Parce qu’eux ont retrouvé leur fils, mais Lex et Marjo, eux, ont le deuil de leur petit Maarten, qui ne reviendra jamais, lui.
Hormis l’immense joie d’Alma et du public, des connaissances, les retrouvailles entre Sanders et son père sont silencieuses. On comprend que l’ado a vécu isolé. Alors les parents essaient de le laisser tranquille. Il reste dans sa chambre la plupart du temps, a juste réclamé sa caméra. Il avait reçu sa caméra pour ses dix ans, et son rêve était d’être réalisateur. Mais le fait que Senders refuse de parler de l’horreur qu’il a traversée, même avec un psy, rend les parents anxieux. Ses échappées à vélo également. Ils ont du mal à reprendre leur vie.
Et c’est là qu’Alma commence à recevoir des lettres anonymes la mettant en garde contre son propre fils. Et aussi, les langues se délient, la mère du petit Roel, mort noyé dans un étang alors que Sanders était présent lorsqu’ils avaient huit ans, même si lui a couru en pleurant, en disant qu’il n’a pas réussi à le sauver… des détails reviennent en mémoire, mais Alma ne veut rien entendre. Son fils est parfait ! Ce n’est pas parce qu’elle a fait une dépression postnatale à sa naissance qu’elle va laisser dire n’importe quoi… et surtout par sa fille Iris, qui ne cessait de se plaindre de son frère…. et c’est là, que peu à peu, on se rend compte que Sanders n’est peut-être pas un petit garçon si innocent que ça…

Ce thriller est, dans la catégorie « thriller psychologique » et même « Thriller domestique » une petite réussite de suspense, un bon livre pour passer le temps.

J’ai bien un petit bémol, mais je sais que l’auteure n’aurait pas pu ajouter des détails sans en faire un pavé peut-être indigeste, mais il y a de petits détails que je trouve peu cohérents. Mais bon. Ne boudons pas notre plaisir.

La loi du silence – Anita Terpstra, le livre de poche 2017, 408 pages

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