Black Coffee – Sophie Loubière

L’histoire, sans spoil : Narcissa, Oklahoma, juillet 1966. Un jour de grand beau temps, un homme fut pris d’un coup de folie. Il entra dans une maison, égorgea une femme, en tua presque une autre, poignarda une petite fille dans le jardin et laissa un petit garçon pour mort dans l’allée.

Été 2007, une famille française « fait » la Route 66″, mais à la fin du séjour, le mari se volatilise. Elle revient en France, seule avec les deux enfants. Pendant 3 ans sans nouvelles de Pierre.

Été 2011, Lola Lombard revient aux USA à la recherche de son mari, disparu sur la route 66, dont elle voudrait divorcer. Ses enfants, Annette et Gaston (??? m’enfin !!) l’accompagnent aussi. Sa seule piste : un cahier que son mari lui aurait envoyé et qui pourrait bien être la preuve de l’existence d’un serial killer, tuant sur cette route mythique, la « Mother Road »et dont le chemin traversait déjà la oetite ville de Narcissa à l’été 1966.

Le chemin du petit garçon blessé en 1966, devenu homme, Desmond G Blur, spécialiste criminologue, ayant reçu le prix Pulitzer pour son ouvrage sur « La sociologie du crime » et celui de Lola, enquêtant sur la disparition de son mari vont se croiser. Car Lola a utilisé le cahier de son mari pour en faire un blog en français et en Anglais, sur ce tueur de la route 66, avec des photos de leur premier voyage, illustrant les endroits où ils sont allés, et Desmond s’intéresse depuis longtemps à ce blog. Et si les crimes racontés précisément, avec dates, lieux, façon de donner la mort étaient vrais ? Et si l’on découvrait des cold cases qui pourraient y correspondre ? Avec les deux personnages, et les enfants (16 et 10 ans) on visite à notre tour cette route 66, l’auteure ayant fait le road trip avec sa famille également.

Ce livre de plus de 600 pages m’a embarquée immédiatement, avec le suspense et les descriptions des villes fantômes visitées, des motels, des stations services délabrées, des musées, des objets d’art installés en bord de route, des boutiques de souvenirs, des touristes, des « diners », de la nourriture et de la chaleur de l’asphalte. MAIS ce livre m’a également énervée par son style. La lecture n’etait pas du tout fluide ! J’étais même enragée !
J’avais envie de me claquer la tête au mur (et j’ai une migraine constante depuis trois jours) tellement ce thriller est alourdi de phrases pleines d’effets de style qui font artificiel. C’est le contraire d’une lecture fluide. J’ai dû relire plein de phrases une deuxième fois pour les comprendre. Ce serait risible si ce n’était pas triste. Livre de 600 pages qui aurait été super en soustrayant (mot très utilisé dans le bouquin) toutes les lourdeurs. 350 pages et c’était top. Pour le mot soustraire je cite « Ses cheveux blond cendré s’étaient soustraits au coup de brosse matinal » … vous voyez le genre ? Et à un moment Lola a une migraine. : « Sa migraine se déployait telle une carte routière » »Des éclairs traversaient les brumes intérieures de son âme jusqu’à l’aveuglement »…. 😳

J’ai même noté plein de descriptions de ce style, des « Elle était ensorcelée par des milliers de kilomètres », je n’en pouvais plus. Je mets une petite photo ici d’un bout de texte. Je devais relire deux fois pour comprendre des longues phrases qui illustraient ce qu’elle venait de dire . Les « tel le » ou « comme si » « alourdi comme par une serviette de bain mouillée posée sur son épaule » !!!! AU SECOURS !!!

Et pourtant j’ai lu récemment « De Cendres et de Larmes et « L’enfant aux cailloux » de Sophie Loubière aussi, qui ne présentaient pas ce style lourdingue, théâtral, pénible, qui n’apporte rien à l’histoire à part une lecture très cahotique. Par contre, l’histoire et le suspense sont vraiment très bons, et j’ai lu jusqu’au bout. Même si elle a utilisé les mots « sussurer », « se délecter » et « mitonner », mots pour moi insupportables.

Donc, je ne sais que dire. Bien pour l’histoire, excellent roman à suspense très prenant, mais pénible à lire à cause d’un style à hurler. Voilà.
Elle a récemment écrit une suite, « White coffee » et je me demande si le style a changé. Ou pas. Je suis intriguée.

Black Coffee – Sophie Loubière, ed Fleuve noir 2013, Pocket 2016, 600 pages.

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