Miss Austen – Gill Hornby


Je n’ai découvert Jane Austen qu’en 2019. Honte sur moi. Ou pas. Cette absence d’intérêt jusqu’ici m’a permis de faire une orgie, presque, de ses livres. Enfin, une boulimie. La seule fois où, plus tôt, j’ai touché un livre de Jane Austen, c’était dans mon enfance. Un livre relié en toile bleue, en petit format « Pride and Prejudice », en langue anglaise, appartenant à ma mère qui, je pense, ne l’a toujours pas lu.

Donc, j’ai décidé de lire Orgueil et Préjugés, chroniqué ici en Avril 2019, et dans les jours qui ont suivi j’ai lu pratiquement tous les livres de Jane Austen. À part Sanditon, et Lady Susan,je crois, romans inachevés.

Dans ce livre, il ne s’agit pas de Jane Austen, mais de sa soeur Cassandra, sa soeur la plus proche d’elle.

L’histoire : En 1840, plus de vingt ans après la mort de Jane Austen, sa soeur, Cassandra, retourne dans le village de Kintbury pour séjourner chez Elizabeth Fowle, une amie de la famille. Elle sait que la correspondance d’Elizabeth, cachée dans un recoin du presbytère, contient de nombreuses lettres de Jane et probablement des secrets de famille qu’elle veut à tout prix protéger. Tout en se remémorant sa jeunesse et ses relations avec sa soeur adorée, elle isole les lettres les plus intimes. Elle se trouve alors devant un choix difficile : les détruire pour protéger la réputation de Jane, ou bien permettre à la postérité de savourer l’esprit brillant et acéré d’une auteure disparue trop jeune.

C’est Cassandra qui parle, seule, vieillissante, peu à peu on fait sa connaissance, on apprend sur sa vie, qu’on connaît à travers de nombreux ouvrages, biographies de Jane Austen, par la publication des lettres de Jane, si peu de lettres par rapport à ce qu’on sait de son activité épistolaire mais qui permettent de se faire une idée de sa famille proche comme éloignée.

Cassandra connaît tellement bien sa soeur, la facilité avec laquelle elle critique son entourage, son humour souvent grinçant, qu’en retrouvant les lettres envoyées par sa soeur à sa cousine Eliza elle sait qu’elle va devoir en cacher une bonne partie. Sa cousine Elizabeth, qui vient de décéder, habitait le presbytère où elles ont vécu auparavant, lorsque leur père Mr Austen était le pasteur de la communauté. Eliza et son mari Fulwar leur ont succédé dans ce presbytère. Décédés tous les deux, un nouveau clergyman va rentrer en fonction, et donc il faut tout vérifier, débarrasser les objets qui restent, les choses privées. Sous prétexte d’aider les filles d’Éliza dans ce travail, Cassandra, vingt ans après la mort prématurée de sa soeur Jane, va faire un tri drastique dans les écrits cachés de Jane Austen, en secret.

Car depuis la mort de Jane Austen et encore aujourd’hui, le mystère reste entier au sujet de la disparition de sa correspondance. On sait que Cassandra a quelque chose à y voir.. l’auteure de ce roman, Gill Hornby, se met à la place de Cassandra, et on a la chance de voir à quoi auraient pu ressembler ces lettres : avec l’appui de la biographie des Austen -j’ai été obligée de revenir cent fois sur le Wikipedia consacré à Jane Austen, et surtout sur son arbre généalogique, pour comprendre qui était qui.. je ne suis pas une spécialiste de l’auteure, malgré mon goût pour son style et ses romans… mais c’est passionnant. On retrouve le style Austenien, les entourloupes, les mensonges, les secrets, la prétention, les commérages, et la moquerie qu’on aime chez Austen. la traduction est une petite merveille.
Je précise qu’il y a une description des personnage en début de livre.

Pour ceux qui aiment , et ceux qui ne connaissent pas la vie réelle de Jane Austen et de sa famille, c’est un petit bijou de style et d’humour caustique. Et de l’Angleterre durant la Régence, et le monde très codé de la gentry de l’époque ! J’ai a-do-ré.

Je précise ici que s’il y a des différences de taille de police lors de la publication de cette petite chronique pour ceux qui la reçoivent par mail : je n’y suis pour rien, j’ai tout vérifié. Il semble que WordPress a un problème.

Miss Austen – Gill Hornby, editions Hauteville (Bragelonne) 2020, traduction de Barbara Versini, 380 pages.

13 commentaires

  1. je l’ai noté et j’ai beaucoup hésité à donner suite ( le volume de ma PAL y est pour beaucoup!
    j’ai commencé à lire ses lvires assez tard aussi et sa prose m’a beaucoup plu il m’en reste encore quelques uns, et j’ai gardé « Orgueil et Préjugés » pour la fin 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai un peu de mal avec ce genre de livres, et pourtant, j’ai tellement l’impression de passer à côté de quelque chose 😦
    Rien que pour ça, j’espère que mes goûts littéraires vont encore évoluer…

    Aimé par 1 personne

    • C’est pour ça que je raconte… je vieillis, et je n’avais jamais lu Austen, je m’en suis rendue compte en 2019, après un billet de blog lu… et voilà ! Il ne faut pas s’obliger, je pense que ça viendra tout seul… comme moi, qui suis en préretraite !!!!

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s