Chroniques Martiennes – Ray Bradbury

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J’ai sauté sur ce beau livre, édition collector de Chroniques Martiennes, l’air de celle qui est tellement spécialiste en SF que ça ne fera qu’une collec de plus….. mais noooooon. Je n’ai presque pas lu de « classiques de la SF » .. 

2030, les premières fusées quittent la terre pour un monde nouveau. La colonisation de Mars vient de débuter. Mais sur la planête rouge vit déjà un peuple d’une infinie sagesse. Cette antique civilisation devra-t-elle disparaître pour qu’une nouvelle puisse s’épanouir ?

En fait, ce livre se présente comme un recueil de nouvelles, que Ray Bradbury a écrites de 1947 à 1949 et qui a été édité en 1950. On parlait déjà de Mars, la Planête Rouge, mais Ray Bradbury parle des choses qu’il a mis dans ses chroniques : sa fascination pour les pharaons de l’Egypte ancienne, pour les Eddas islandais, pour les dieux gréco-romains, pour la mythologie.

On parle de science-fiction pour ce livre, mais ce n’en n’est pas réellement. Des terriens arrivent sur Mars par des fusées qu’il décrira comme des « fuseaux argentés », et le feu au décollage, mais c’est tout. L’important est ailleurs. L’important c’est ce que font les Terriens de la planète Mars. Et des martiens.

Le livre contient une trentaine de « chroniques », certaines ne sont que d’une pages. Elles sont datées de 2030 à 2054. 

Dans ce livre, Mars a une atmosphère tout-à-fait respirable.

Dans la première chronique, la première expédition atterrit et les occupants disparaîtront, comme si c’étaient juste des nuisibles. Parce que la femme d’un martien jaloux a rêvé de la fusée et des hommes dedans.

Les Terriens arrivent tout frais d’un voyage spatial qui, visiblement, n’a duré que quelques jours. Ils sont en uniforme militaire, certains en costume-cravate.

Dans la deuxième nouvelle, c’est la deuxième expédition sur Mars. Les Terriens débarquent. Ils vont directement rencontrer des Martiens. Ils s’attendent à quoi, je ne sais pas, mais il n’y a pas de « petits hommes verts ». Il y a des hommes et des femmes, qui ont la peau cuivrée et les yeux dorés. Les terriens voyageurs sonnent à une maison, espérant toute une fête, une réaction, mais les martiens s’en foutent totalement, ils les renvoient à l’un, à l’autre, à l’autre bout de la ville, etc. C’est vraiment du plus haut comique, rien qu’à voir leur déception à cause de l’indifférence des martiens.

C’est ensuite et de plus en plus une colonisation de Mars, parce que les premiers terriens ont décimé tous les martiens sans le vouloir, avec un virus. Du coup, les terriens vont s’installer, de plus en plus, comme les européens ont colonisé le Nouveau Monde, l’Amêrique, décimant les populations indigènes, avec les maladies et les massacres. Les martiens sont présentés comme une civilisation très ancienne, de dix millions d’années, qui sont des sages, des artistes et des philosophes, et des poètes. 

Les terriens sont représentés comme les américains moyens de 1950, des militaires, des explorateurs, des chercheurs de minéraux, de choses à s’approprier. Les terriens qui arrivent par vagues, sont des réfugiés aussi, car la Terre est une planête toujours en guerre. Et la menace des bombes atomiques fait arriver des centaines de fusées, et les terriens arrivés vont chercher à recréer leur Amérique. Leur ville de province. Leurs magasins de hot-dogs, les restaurants. Les églises, aussi. Et des missionnaires arriveront pour chercher où sont les derniers martiens, et comment faire un dieu à leur image ? 

Ray Bradbury fait ici un portrait de l’Amérique profonde, des attentes, des rêves et des mauvaises choses dans la tête de tout terrien, il raconte aussi un exode massif des noirs, dans une des nouvelles, ceux qui sont traités de « simplets », les quasi-esclaves. Dans une autre nouvelle, la référence aux autodafés de Farenheit 451, aux polices de surveillance des livres, on parle de Poe et de Lovecraft, auteurs interdits, car la littérature d’Imaginaire est désormais interdite.

C’est un gros coup de coeur, j’ai lu le livre d’une seule traite. Chaque chronique est une histoire, un moment sur Mars. C’est très poétique, en même temps comique et très caustique sur les hommes et femmes de ces années-là, et ce qu’ils feraient de cette planète qu’ils envahissent. J’ai vraiment « adoré ». Vraiment. Si vous hésitez, si comme moi vous n’êtes pas très « Science-Fiction », lisez ça. Vous aimerez.

Chroniques martiennes – Ray Bradbury 1950, Denoël 1997, Denoël Lunes d’Encre Oct 2019 pour cette édition collector, 310 pages, 19,90€

 

 

13 commentaires

  1. Un de mes romans SF favoris. Tu en parles très bien et me fait remémorer quelques unes de ces savoureuses nouvelles, notamment celle où les astronautes vont sonner à la porte de Mme ttt qui n’en a rien à secouer de ces étrangers (on saura pourquoi ensuite). Paradoxes caustiques et prospective poétique, voire questionnement philisophique dont l’esprit se retrouvera dans la magistrale série « Twilight Zone » à la fin des années 50, portée par Rod Serling, lui même écrivain et scénariste et… ami de Bradbury.

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