Grâce et dénuement – Alice Ferney

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Ce livre est une petite merveille. Je l’ai découvert par hasard et je ne sais même plus où. D’occasion, d’ailleurs. Mais c’est juste magnifique. Ah, je me souviens. C’est après avoir fouillé les entrailles de Babelio au sujet du thème « réfugiés et migrants » . Pour mes amis sur Facebook, ce ne sera pas une surprise, ils savent parfaitement que cette « cause » m’intéresse et m’implique.

Voici la 4e de couverture :

Dans un décor de banlieue, une bibliothécaire est saisie d’un désir presque fou : celui d’initier à la lecture des enfants gitans privés de scolarité. Elle se heurte d’abord à la méfiance, à la raillerie et au mépris qu’inspirent les gadjé. Mais elle finit par amadouer les petits illettrés, en même temps qu’elle entrevoit le destin d’une famille sur laquelle règne une veuve mère de cinq fils.
Dans ce troisième roman, récompensé par le prix Culture et bibliothèques pour tous, Alice Ferney excelle à faire entendre les voix intérieures de ses personnages, leurs sentiments inavoués, leurs désirs brimés, leurs solitaires affrontements avec la fatalité.

Bon, encore une fois l’éditeur nous mélange tout. Il s’agit avant tout de découvrir une famille de gitans. Qui s’est plus ou moins installée dans une petite ville, ou tout du moins, dans sa partie reculée. Après avoir vu ses autres parents reprendre la route avec ses camions et ses caravanes, Angéline est restée là. Parce que son mari est mort, et que ses cinq fils étaient encore petits. Puis ils ont été repoussés plus loin, par la Mairie, et se sont retrouvés dans le jardin à l’abandon d’une grande maison, au bord de la route où peu de voitures passent. 

Quatre des garçons ont pris femme – d’abord il a fallu demander son avis à « la vieille », c’est comme ça qu’on appelle maintenant Angéline. Ses fils se sont mariés avant l’âge de vingt ans. Elle raconte comment elle a vu arriver Nadia, sa préférée, au bras d’Antonio, son cadet.  C’est avec elle qu’elle parle le plus, qu’elle raconte ses souvenirs, son enfance. Puis Simon lui a présenté Héléna. Elle lui dit qu’elle est une vraie Gitane. Parce qu’elle crie tout le temps. Et ce n’est pas un complimenr de la part de la vieille. Et tout le monde sait que Simon est une brute. Quand Héléna se plaint auprès de la belle-mère, celle-ci lui répond qu’elle a choisi Simon, qu’elle le garde ! Il y a Misia, et Mélina, aussi, dont Angéline connaît la bêtise et son peu de cervelle. Ce n’est rien, son fils Lulu est content avec elle. Et maintenant ses fils ont des enfants, et elles accouchent là, dans leur caravane. Une caravane par couple, et celle d’Angeline qui laisse dormir son seul fils encore célibataire au fond de la sienne. 

Parce qu’ils sont pauvres, même s’ils ne l’admettent pas. Pour eux ils ne sont pas pauvres : ils ont le bonheur et les enfants. Ils ne possèdent que leur caravane et leur sang. Ils vivaient sur une décharge, puis maintenant dans ce jardin dépotoir boueux. ils ont oublié ce qu’était la beauté. Ce sont des Gitans français qui n’ont pas quitté le sol de ce pays depuis quatre cent ans. Ils ne possèdent ni papiers francais, ni les carnets que possedent les gitans nomades. Ils n’existent pas. Ils vivent dans la boue, le froid, dans l’ignorance du monde qui les ignore. Mais leur richesse est en eux. Angéline raconte, et dans le coeur et l’esprit de cette soixantenaire, toute la beauté et la chaleur d’une mère qui connait les siens, leur caractère, leurs capacités, leurs beautés. C’est Angéline qui nous fait découvrir son monde, à nous, simples gadjés.

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