Colette et les siennes – Dominique Bona

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J’aime Colette, que je considère comme la plus grande écrivaine française.  J’ai tous ses livres bien sûr (je crois, tous dans la vieille édition poche, que j’ai achetés chez un bouquiniste lorsque j’étais étudiante), j’ai plein de gros beaux livres sur Colette, et récemment j’ai lu les lettres de Sido à Colette, c’est ici sur mon blog, mais lorsque j’ai vu passer, ci dessous le lien : 

chez christlbouquine ce livre, j’ai foncé ! Incroyable, ce livre m’avait échappé ! Alors voilà. Quelques jours plus tard, et lu d’un trait, avec avidité. Voici la présentation éditeur :

« Août 1914, il n’y a plus d’hommes à Paris. Les femmes s’organisent. Dans une jolie maison, à l’orée du bois de Boulogne, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Toutes appartiennent au monde de la littérature et du spectacle. Il y a Marguerite Moreno, la comédienne. Annie de Pène, la chroniqueuse et « presque sœur ». Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma…
Ces quatre femmes libres s’inventent une vie tendre, pleine de rêves et de douceur : les cheveux courts et sans corsets, elles n’oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. »

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Ce sont ces quatre-là. Colette, Annie de Pène, Marguerite Moreno et Musidora.

Ces femmes vont se retrouver, au début de la guerre 14/18 seules, sans mari, sans compagnons. Tous les hommes sont mobilisés. Le mari de Colette a cette époque, Henri de Jouvenel, est envoyé à Verdun. Colette qui, comme on sait, n’a pas du tout la fibre maternelle, a envoyé sa fille d’un an, « Bel-Gazou »(Colette de Jouvenel, comme sa mère) en Corrèze dans la famille de Jouvenel. Annie de Pène, elle, a carrément fui son mari et ses enfants pour être libre, à Paris. Marguerite Moreno n’a pas encore de « régulier », Musidora est la muse de Pierre Loüys. 

Elles sont les scandaleuses. Cheveux coupés à la garçonne bien avant que « La Garçonne » existe. Elles fument. Elles portent toutes un pseudo.  Elles ne portent pas de corset, et ont toutes un métier. Colette et Annie sont journalistes, l’une au Matin, l’autre à l’Aurore. Marguerite et la très jeune Musidora sont comédiennes, Marguerite Moreno est même Sociétaire à La Comédie Française. Elles vont toutes vivre dans le XVIe arrondissement, et passer leurs journées chez Colette, dans son chalet de Passy, avec son jardin, chalet disparu depuis.

C’est l’histoire de leur amitié, fondée là dans ce « phalanstère ». Où l’on verra qu’elles vivent pour leur liberté. Qu’elles s’écrivent, qu’elles passent des heures et des jours à discuter, rire, manger, et ranger. Puis chacune de partir qui en tournée, qui en reportage.

On y apprend bien des choses. Sa parenthèse saphique. Sa longue liaison avec la Duchesse Mathilde de Mornay, qui bravait la loi en s’habillant en homme, homme qu’elle se sentait être.

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Où l’on comprend que Colette, bien avant Annie Ernaux, est la pionnière et la plus prolifique des écrivaines d’autofiction.

Où l’on apprend que Colette s’est fait faire un lifting… en 1921 ! Et des tas d’autres secrets. Une merveille de lecture pour les passionnés, comme moi, de Colette.

Colette et les siennes – Dominique Bona, editions Grasset, 2017, 410 pages + énorme bibliographie.

 

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