L’indésirable – Louis Guilloux

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Louis Guilloux est un écrivain français né à Saint-Brieuc le 15 janvier 1899 et décédé le 14 octobre 1980 dans la même ville. Son père était cordonnier et militant socialiste, comme Guilloux l’a raconté dans la Maison du Peuple (1925). Au lycée, il se lie d’amitié avec le professeur de philosophie Georges Palante, dont il s’inspirera pour composer le personnage de Cripure, pathétique héros du Sang Noir (1935) qui est considéré comme son chef-d’œuvre. Il a pour ami d’adolescence le philosophe Jean Grenier. Louis Guilloux exerce divers métiers (dont journaliste à L’Intransigeant), se marie en 1924, publie La Maison du Peuple en 1927. Il est le traducteur du roman Home to Harlem de l’auteur noir américain Claude McKay, publié en 1932 sous le titre Ghetto Noir. Il traduit aussi John Steinbeck (les Pâturages du ciel, 1948), Margaret Kennedy, et avec Didier Robert, une partie de la série des Hornblower, romans de marine de C. S. Forester.
En 1972, il signe pour la télévision l’adaptation des Thibault de Roger Martin du Gard, et en 1973 celle de deux récits de Joseph Conrad, La Ligne d’ombre et La Folie Almayer. Son nom côtoie ceux d’Alain, Raymond Aron, Lucien Descaves, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine… Il a été secrétaire du 1er Congrès mondial des écrivains antifascistes en 1935, puis responsable du Secours Rouge International (plus tard Secours populaire), qui vient en aide aux réfugiés de l’Allemagne hitlérienne, puis aux républicains espagnols.

« L’indésirable » est resté inédit jusqu’en 2019. Louis Guilloux l’a écrit à vingt-quatre ans, en 1923.. Il brosse un portrait bien noir de cette époque, et de la barbarie, des pulsions noires qui existent en chaque humain.

1917 : la guerre s’éternise dans la boue des tranchées. À Belzec, une ville de l’arrière, les autorités ont établi un camp de concentration où sont parqués les étrangers indésirables. Un professeur d’allemand, M. Lanzer, y sert d’interprète, s’attirant, par sa tolérance, la sympathie des prisonniers. Lui et sa famille ont d’ailleurs secouru une vieille Alsacienne, échouée là par hasard. En retour, elle leur lègue, peu avant sa mort, ses maigres économies et quelques bijoux en sa possession.
Une rumeur, orchestrée par un collègue de Lanzer, accuse à tort le professeur d’avoir profité des largesses de la «boche». Quand le fils du principal, revenu blessé du front, découvre la mise au ban de son ami, il prend sa défense, au risque de devenir le nouvel indésirable…
Écrit en 1923 et resté inédit à ce jour, ce roman de jeunesse de Louis Guilloux brosse le tableau saisissant d’une humanité en guerre perpétuelle. L’auteur du Sang noir y révèle déjà un talent remarquable pour dire l’impensé de l’époque : que la barbarie, loin d’être circonscrite aux champs de bataille, peut surgir en chaque individu.

Usant de l’amitié puis la haine entre deux professeurs de la petite ville, les mécanismes de la « mise à part », n’ayant en réalité aucune base réelle, on a parfois l’impression d’entendre Pagnol, en moins ironique. Intéressée par cette histoire se passant en 1917, j’ai été très déçue. La guerre est loin. Seule la jalousie entre français est au coeur de ce livre..

L’indésirable – Louis Guilloux, Gallimard, mars 2018, 177 pages (y compris la posface) 18€

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