Panique – Lydia Flem

img_5553Elle claque comme un coup de fouet. Elle jette à l’écart de soi, loin des mots, des analyses, de la raison, hors du sens. Les sentiments n’existent plus, elle occupe toute la place. Nue comme le fil d’une lame. Comment décrire une attaque de panique sans l’abraser ? Qui ne connaît pas l’angoisse des espaces de la ville ne peut mesurer la terreur de quelques secondes d’arrêt au feu rouge. Qui ne vit pas l’angoisse d’être enfermé dans un ascenseur ou un avion ne peut imaginer l’étendue de cet effroi. Ce n’est pas seulement la gorge qui se rétrécit, la respiration qui se bloque, l’asphyxie qui gagne, c’est un écartèlement de tout l’être, une dépossession de soi, la sensation d’une mort imminente. L. F.(4e de couverture).

Résumé :  Une femme fait une crise d’angoisse dans sa voiture. Au feu rouge. Personne ne peut voir ce qu’elle ressent. Elle est « juste » claustrophobe. Elle n’arrive plus à respirer, à voir, à réfléchir : elle a juste envie de sauter de la voiture et de trouver quelqu’un qui la sauve.

Une autre femme, claustrophobe et agoraphobe, est paniquée d’avance : le lendemain elle doit prendre l’avion pour aller faire une conférence à New York sur des tableaux post-impressionnistes. Ça, elle maîtrise, mais pas l’angoisse d’être dans un avion. Ça fait des jours qu’elle en est malade. C’est invisible sur elle. Elle préfèrerait mourir.

L’auteur, psychanalyste, connaît bien, et connait aussi ce que disent les autres gens, les gens normaux, les gens qui n’ont jamais eu à vivre cette angoisse épouvantable : la panique.

« De quoi vous plaignez-vous? C’est dans la tête, ça n’existe pas, l’angoisse, un peu de volonté, que diable! Vous vous écoutez trop, ce sont des enfantillages ! Tout va bien dans votre vie! Pensez un peu aux autres, ceux qui sont au chômage, ou vraiment malades! »

Et certains jours, tout va bien, personne ne sait quand ça va nous tomber dessus.. il suffit de l’évocation d’une réunion, d’un rdv à venir. L’auteur est dans la peau de ces phobiques, et parle à la première personne, racontant les pensées qui tournoient et emprisonnent. Mais aussi les refuges :

« Je suis assise devant l’écran de l’ordinateur, à ma table de travail. C’est un lieu encombré, en désordre, rassurant. J’aime la vie virtuelle. C’est la solution des agoraphobes, des claustrophobes, des timides et des phobiques en tout genre. Pas de visages à affronter, pas d’ascenseur à prendre, pas de grands espaces à traverser ni de files d’attentes interminables. Tout se règle chez soi… »

Tout se passe dans le livre sur une période de 24 heures, avec toutes ces pensées tournoyantes. Un tout petit livre qui permet de faire comprendre la crise d’angoisse, et ses mécanismes.

 

L’auteur : Ecrivain, psychanalyste et photographe, Lydia Flem est traduite dans une vingtaine de langues.Publiée au Seuil, elle a écrit des essais sur Freud, Casanova, et l’amour à l’opéra (La voix des amants, 2002), mais elle a surtout rencontré le succès avec « Comment j’ai vidé la maison de mes parents » ou « La Reine Alice ». Elle se définit volontiers comme une « conteuse », son territoire est celui de l’intime et des émotions.

Mon avis : Évidemment, c’est un livre dans lequel je me suis reconnue, pas tout-à fait car il s’agit là d’une claustrophobe, mais j’ai reconnu les paroles que l’on me dit, que ma mère me dit, ma famille, … ils ne peuvent pas comprendre. Vivre avec une phobie, c’est douloureux. Ce livre aide à s’accepter, et aidera, j’espère, ceux qui ne comprennent pas. Rien de didactique, c’est juste les émotions d’une phobique, sur 24 heures.

Panique – Lydia Flem, ed Points, 126 pages, 2014

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