Histoire de Lisey – Stephen King

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Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. Deux ans après sa mort, dans un souci de trier et de ranger, Lisey s’immerge dans les papiers laissés par Scott, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu’il fréquentait…

Attention, ce livre se mérite. Ce n’est pas un roman de Stephen King comme les autres. Il est touffu, mais incroyable d’amour, de force, de références, et surtout rempli de l’auteur lui-même. Bizarrement, alors qu’aux USA cette Histoire de Lisey a été encensée par tous, ici en France, c’est passé sous les radars. À cause de ce vocabulaire particulier, je suppose, et à cause du premier chapitre assez déroutant. Mais lorsqu’on persévère, le récit s’éclaire, peu à peu.

Lisey est obligée de se plonger dans les affaires de Scott, son mari, qui était un écrivain de romans fantastiques et d’épouvante. Tout est dans une ancienne grange transformée en bureau et en entrepôts de cartons, un tas de cartons qui sont rangés en un espèce de haut et grand serpent de près de 8 metres de long, 1m 20 de haut, et cet entrepôt est surmonté d’un étage que Scott Landon a installé en bureau, avec télé, fauteuils, musique, ordi.. c’est là qu’il écrivait depuis 17 ans. Maintenant, tous les fans de Scott Landon attendent de découvrir les romans non publiés, les romans posthumes, les lettres et tout ce qu’a touché cet auteur devenu cultissime, de nombreuses universités sont sur les rangs pour « recueillir les incunables ». Que Lisey appelle « les Incupables », voire « Les Incups ». Elle en a marre d’avance, mais elle « arrime le barda », quand faut y aller, faut y aller.

En plus, en ce moment elle se rend compte qu’une de ses quatre soeurs, Amanda, qui a toujours été un peu perturbée, commence à lâcher la réalité… et elle n’a pas que ça à faire, Lisey. Parce que lorsqu’elle commence à chercher par où commencer avec les affaires de son mari, elle se rend compte qu’elle va être obligée, obligée obligée, de penser et se souvenir des choses dont elle avait décidé de ne jamais y repenser.(cette phrase me chagrine). Comme les miroirs à ne surtout pas regarder du coin de l’oeil. Et ce rideau pourpre derrière lequel il y a des choses abominables. Les choses de son mari, les ténèbres de son mari. Et là elle va se rendre compte qu’elle revoit ses souvenirs communs avec Scott, et les souvenirs de Scott dans son enfance tragique, et l’on se rend compte que d’une certaine manière Scott lui parle, elle l’entend dans sa tête, c’est presque un dialogue. Des tas d’expressions communes entre elle et lui, un langage secret, codé que seuls eux connaissent, que nous, lecteur, découvrons et leur signification se dévoile peu à peu au fur et à mesure du roman. Les souvenirs de Lisey, les souvenirs de Scott, les « choses abominables » qu’il cotoyait et transformait souvent en livres, les secrets et les non-dits, Lisey découvre tout, au fur et à mesure, car Scott lui a laissé des instructions pour un jeu de piste… sur les traces de la vérité. Ce couple est lié par un amour qui fut immédiat et total, par delà la mort encore.

En plus, Amanda, sa soeur devient complêtement catatonique, il va falloir la placer, gros souci entre soeurs pour trouver l’endroit le mieux, en espérant qu’Amanda ne soit pas totalement perdue. Et ajoutons à tout cela un collectionneur fou et un psychopathe fanatique des romans de Scott Landon, c’est vous dire si il y a touffutement de choses à faire, Lisey arrime le barda !

Des expressions et mots à comprendre, des références à plusieurs de ses romans, des films, des livres, Stephen King se raconte tout en nous donnant à lire un fascinant mais horriblement fort roman d’amour pour sa femme, à travers Lisey. Et dans les 100 première pages, il nous jette des tas de pistes, lignes à suivre, obscures au début, mais qui s’éclairent peu à peu, avec des portes cachées vers l’Outre-Monde et les démons. Un livre particulier, sur un ton particulier, et des liens et des phrases qui plongent vers les Ténèbres. 

C’est un livre que je trouve formidable comme une pépite d’abord peu visible, brillant dans le noir. 

Et un énorme bravo à la traductrice, Nadine Gassie !

Histoire de Lisey – Stephen King, ed Albin Michel 2007, 570 pages, puis Le livre de Poche. 

 

 

2 commentaires

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