Seul avec la nuit – Christian Blanchard

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Ça ressemble à un thriller. Le titre fait penser à un thriller. La photo aussi. Le graphisme aussi. La couleur sombre de la couverture aussi. Et mieux : la 4e de couverture / résumé éditeur nous conte un résumé de thriller. 

Et, surprise, ça débute comme un thriller qui s’arrête aussi sec et ne reprend qu’aux dernières pages. Parce que c’est tout autre chose, ce livre. Je vous copie la 4e de couverture juste pour que vous lisiez l’argument de vente du bouquin, avant tout :

« Que sommes-nous réellement prêts à faire pour sauver nos proches ?
Cette question, Éric de la Boissière se la pose tous les jours. Sa fille, Élodie, est atteinte d’une grave maladie rénale. Du fait de son groupe sanguin, ses chances de recevoir une greffe sont quasi nulles. Mais avec beaucoup d’argent… Élodie doit pouvoir être soignée, pense Éric. Dirigeant d’un établissement financier, il a entendu parler de réseaux parallèles permettant d’obtenir un organe sain de donneurs volontaires. Que sommes-nous prêts à sacrifier pour sauver nos proches ?
Cette question, Gilles Patrick ne se l’était jamais posée. Mais depuis quelques semaines, ce grand chirurgien ne dort plus. Tandis qu’un revolver est braqué sur la tempe de son épouse et de sa fille, un groupe d’hommes le contraint à pratiquer de lourdes opérations sur de jeunes patients pourtant en pleine santé. Les circonstances ont beau être différentes, la raison qui a fait basculer ces deux hommes dans un autre monde est la même. Et si la volonté de sauver un proche n’était pas une raison suffisante ? D’une noirceur abyssale, le nouveau roman de Christian Blanchard explore les âmes compromises et pousse ses personnages, comme le lecteur, dans leurs pires retranchements. »

Voilà voilà. Mais en fait on ouvre le livre sur ce qui a été dit plus haut : un homme est obligé par des inconnus à venir avec eux, parce qu’ils ont besoin de lui. Il est chirurgien, et un bon chirurgien. Sa femme et sa fille sont déjà attachées sur une chaise et baillonnées, derrière elles deux hommes cagoulés tiennent un revolver contre leur tempe. Alors, entravé, il suit ces hommes, yeux bandés. Deux heures de route environ. Quand il aura fait ce qu’il devra faire, son kidnappeur enverra un texto et les deux hommes libèreront sa femme et sa fille. Sinon, ils les tueront.

Ce qu’il doit faire, il en est atterré. Il doit opérer, oui, mais des enfants ou des ados. Des migrants. Des réfugiés. On tombe en fait sur les histoires de plusieurs personnages d’une sorte de mafia, qui trafiquent à la fois des organes pour des gens qui paient cher, ou ils forcent des gosses à mendier. Aux feux rouges. Des gosses tenus en esclavage.

Sur ces deux problèmes : le trafic d’organes et le travail d’enfants migrants en esclavage. Et en les handicapant pour susciter la pitié, donc l’argent. Ce n’est pas un thriller, c’est une dénonciation. D’ailleurs à la fin l’auteur nous donnera les statistiques et les chiffres.

J’ai un peu spoilé, mais il fallait rétablir la vérité sur le contenu du bouquin. C’est bouleversant, atterrant, dramatique, ces vies, c’est puissant, c’est très sombre,  on s’y prend, tant c’est fort.

 

Seul avec la nuit – Christian Blanchard, Belfond, 325 pages, sorti en mai 2019, 19,90€

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