Le champ de fraises – Renate Dorrestein

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Dans une petite ville de Hollande, Loes, six ans, vit entre sa mère cartomancienne et artiste, et ses deux oncles, et règne sans partage sur la tribu d’enfants de son quartier. Jusqu’au jour où le père de Thomas, son meilleur ami, est retrouvé assassiné. La mère de Loes s’accuse du meurtre, est condamnée ; la petite fille devient alors le souffre-douleur de l’école. Six ans plus tard, la famille se résout à déménager sur une petite île écossaise battue par les vents, loin de tout. Tant bien que mal, Loes va tenter d’obtenir des réponses d’une mère qui se mure dans un silence obstiné. Ce n’est qu’à dix-huit ans, à son retour en Hollande, que Loes sera en mesure de faire la lumière sur les mensonges de son enfance. (résumé éditeur)

Mon résumé :  Lucy, surnommée Loes, vit dans un petit quartier d’Amsterdam, et depuis ses 4 ans, est la plus vive et la plus imaginative des enfants de sa communauté. Tous nés la même année qu’elle, ils la révèrent.

Sa mère est une « artiste » : elle peint, dessine, et tire les cartes aux mamans, devenant leur point d’ancrage, leur coin des potins. Fofolle, elle vit avec sa fille et les « garçons », -comme elle appelle deux hommes inséparables, Ludo et Duco- dans un vieux presbytère.

Les drames surviennent lorsque Loes a six ans. Un meurtre, sur fond d’abus sexuel, la mère qui part en prison en endossant le crime, la petite fille, atteinte d’une dyslexie grave lors de cette entrée en CP font qu’elle tombe soudain de son piédestal, et devient la cible d’un harcèlement abominable de cruauté, dont elle ne dira jamais rien. Lorsqu’elle a douze ans, sa mère sort de prison, et elle aussi devient paria de la petite communauté du quartier. Toute la famille quitte alors Amsterdam pour l’Ile de Lewis en Ecosse, sauvage et battue par les vents,

Mon avis : Le roman est divisé en trois parties : Loes à six ans, douze ans, puis dix-huit ans. Les chapitres commencent avec : A comme Amis, et le dernier s’appelle Z comme Zigzag. Cet abécédaire pour la difficulté qu’à Loes à lire. Cette histoire, sombre à souhait, glauque parfois, est une histoire de non-dits, de courage, de lâchetés. C’est aussi une histoire d’adaptation de l’enfant à tout, des souffrances du non-dit, de fuites, de harcèlement. J’avais beaucoup aimé « Coeur de pierre » de la même auteure, dont la chronique est sur ce blog. Ici, je trouve l’histoire bien plus sombre. Des moments glauques. C’est un récit très fort, pourtant, sur les secrets de famille. Sur la terre de Hollande, et sur celle de l’Ecosse.

Je ne remercie pas la traductrice ( Danielle Losman) qui a laissé derrière elle une bonne quinzaine de « tout simplement pas » traduction automatique que l’on trouve par centaines sur les sites de ventes-arnaques américains. C’est crispant.

Donc, oui, mais pas tant que ça.

L’auteur : Née en 1954 à Amsterdam, Renate Dorrestein a été journaliste et rédactrice en chef du magazine féministe Opzij. Elle publie son premier roman en 1983, Neuf autres suivront. Lauréate en 1993 du prestigieux prix Annie-Romen, elle connaît un immense succès aux Pays-Bas. Le Champ de Fraises est son 4e roman publié chez Belfond.

Le champ de fraises – Renate Dorrestein, Belfond, 2006, 356 pages.

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